Frise chronologique
1713
Plafond peint attribué à Audran
Plafond peint attribué à Audran
1713 (≈ 1713)
Réalisé avec Watteau et Lancret.
milieu du XVIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
milieu du XVIIe siècle (≈ 1750)
Pour Charles Testu, chevalier du guet.
1763-1785
Propriété de Beaumarchais
Propriété de Beaumarchais
1763-1785 (≈ 1774)
Y compose *Le Barbier de Séville*.
20 mars 1964
Classement monument historique
Classement monument historique
20 mars 1964 (≈ 1964)
Façades et toiture protégées.
2009
Découverte du plafond
Découverte du plafond
2009 (≈ 2009)
Attribué à Claude III Audran.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La façade sur rue et la toiture correspondante : inscription par arrêté du 20 mars 1964
Personnages clés
| Charles Testu - Chevalier du guet |
Premier propriétaire, commanditaire de l’hôtel. |
| Joseph Le Gendre d’Armény - Secrétaire des finances |
Propriétaire, protecteur de Marie Angélique de la Motte. |
| Claude III Audran - Peintre-décorateur |
Auteur du plafond aux singeries. |
| Pierre Augustin Caron de Beaumarchais - Dramaturge et homme d’affaires |
Y écrit *Le Barbier de Séville*. |
| Antoine Watteau - Peintre rococo |
Collabore au plafond de 1713. |
| Rachilde - Femme de lettres |
Résidente au XXe siècle. |
Origine et histoire
L’Hôtel Charles-Testu est un hôtel particulier construit au milieu du XVIIe siècle pour Charles Testu, chevalier du guet. Situé initialement au no 17 de la rue Neuve Saint-Lambert (actuelle rue de Condé), il faisait face à l’hôtel de Condé, détruit en 1764. À sa mort, l’hôtel passe à sa veuve, Louise Coutelle, puis à sa sœur, Charlotte Coutelle, jusqu’en 1700. Entre 1710 et 1713, il est acquis par Antoine Auger, puis par Joseph Le Gendre d’Armény, secrétaire des finances du duc d’Orléans, qui y loge sa protégée, Marie Angélique Maxime de la Motte d’Aulnay.
En 1713, un plafond peint, attribué à Claude III Audran et partiellement réalisé par Antoine Watteau et Nicolas Lancret, est installé. L’hôtel change ensuite de mains plusieurs fois : le marquis du Perrier le possède jusqu’en 1762, avant qu’il ne soit acheté par Pierre Augustin Caron de Beaumarchais entre 1763 et 1785. Beaumarchais y loge son père, s’y marie en 1768, et y compose Le Barbier de Séville vers 1773. Après sa ruine et son emprisonnement en 1773, l’hôtel n’est plus occupé que par sa sœur Julie à partir de 1778.
Au XIXe siècle, l’hôtel appartient à la famille Faure (1809-1879). En 1903, la maison d’édition Mercure de France s’y installe, suivie par les éditions Gallimard en 1958. La femme de lettres Rachilde y vécut également. Depuis 1964, ses façades sur rue et sa toiture sont inscrites aux monuments historiques, préservant ce patrimoine architectural et littéraire.
Le bâtiment illustre l’évolution sociale et culturelle de Paris, passant d’une résidence aristocratique à un lieu éditorial majeur. Son plafond du XVIIIe siècle, découvert en 2009, témoigne de la collaboration entre Audran, Watteau et Lancret, trois figures de l’art rococo. L’hôtel incarne ainsi à la fois l’héritage noble du Grand Siècle et la vitalité intellectuelle des siècles suivants.
Devenir actuel
La maison d'édition le Mercure de France s'y installe en 1903. L'hôtel est racheté par les éditions Gallimard en 1968.