Frise chronologique
1772
Acquisition du terrain
Acquisition du terrain
1772 (≈ 1772)
Achat par Claude-Martin Goupy pour construction.
1773-1778
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1773-1778 (≈ 1776)
Dirigée par Nicolas Lenoir pour Benoît de Sainte-Paulle.
1779
Faillite de Jean-François Caron
Faillite de Jean-François Caron
1779 (≈ 1779)
Vente forcée à François-Nicolas Lenormand.
1802
Mariage du général Ney
Mariage du général Ney
1802 (≈ 1802)
Célébré dans l’hôtel loué par Chéret.
1872
Disparition du jardin
Disparition du jardin
1872 (≈ 1872)
Dernière phase de réduction du terrain.
1927
Classement monument historique
Classement monument historique
1927 (≈ 1927)
Façades sur rue et cour protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades sur rue et sur cour du pavillon d'entrée, et la façade au fond de la cour : inscription par arrêté du 26 octobre 1927
Personnages clés
| Claude-Martin Goupy - Architecte et spéculateur |
Acheteur initial du terrain en 1772. |
| Nicolas Lenoir - Architecte |
Concepteur des plans initiaux de l’hôtel. |
| Jean-François Caron - Trésorier de l’ordre du Saint-Esprit |
Propriétaire incarcéré pour faillite en 1779. |
| François-Nicolas Lenormand - Propriétaire et trésorier |
Agrandit l’hôtel après 1779. |
| Marie-Louise O'Murphy - Veuve de Lenormand |
Résida dans l’hôtel jusqu’en 1795. |
| Louis-Jean-Baptiste Chéret - Propriétaire et locataire |
Loua l’hôtel au général Ney en 1802. |
| Général Ney - Locataire et militaire |
Y célébra son mariage en 1802. |
| Jacques Collombet - Ingénieur et futur général |
Travailla dans l’hôtel en 1942. |
Origine et histoire
L’hôtel Chéret, également appelé hôtel Benoît de Sainte-Paulle, est un hôtel particulier construit entre 1773 et 1778 sur les plans de l’architecte Nicolas Lenoir, sur un terrain acquis en 1772 par Claude-Martin Goupy, architecte et spéculateur immobilier. Ce terrain, anciennement occupé par des jardins maraîchers, fut nivelé pour compenser une différence de hauteur de 1,5 à 2 mètres avec les rues environnantes. Revendu en 1776 à Jean-François Caron, trésorier de l’ordre du Saint-Esprit, l’hôtel fut agrandi par l’architecte Antoine-François Peyre avant que Caron, incarcéré pour faillite frauduleuse en 1779, ne le cède à François-Nicolas Lenormand, qui y apporta de nouvelles modifications.
Après la mort de Lenormand en 1783, sa veuve, Marie-Louise O'Murphy, continua d’y résider avec leur fille jusqu’en 1795, date à laquelle l’hôtel fut vendu à Louis-Jean-Baptiste Chéret. Ce dernier le loua au général Ney, qui y célébra son mariage en 1802. L’hôtel changea ensuite plusieurs fois de mains, notamment en 1820, quand Chéret le revendit au banquier Jonas-Philip Hagerman. Au fil du XIXe siècle, son jardin fut progressivement réduit, disparaissant entièrement en 1872. Les façades sur rue et sur cour, ainsi que celle du fond de la cour, furent inscrites aux monuments historiques en 1927.
Au XXe siècle, l’hôtel abritera le bureau d’études des usines Farman pendant la Seconde Guerre mondiale, employant notamment le futur général Jacques Collombet. Après 1946, il fut utilisé par Air France, puis racheté par la Ville de Paris pour être transformé en logements sociaux. Son architecture, typique des hôtels particuliers parisiens, comprend un corps de bâtiment principal encadré de deux ailes, un perron à colonnes ioniques, et une cour profonde de 45 mètres, reflétant le faste du XVIIIe siècle.
Le jardin d’origine, aujourd’hui disparu, s’étendait sur près de 100 mètres jusqu’à la rue d’Hauteville et comportait une cuvette en pente douce, vestige du nivellement du terrain marécageux. Les modifications successives, comme l’ajout d’une toiture mansardée au XIXe siècle, témoignent des adaptations de l’hôtel aux besoins de ses propriétaires, mêlant héritage aristocratique et usages modernes.