Frise chronologique
1607
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1607 (≈ 1607)
Bâti pour Philippe Ier de Coulanges.
1626
Naissance de Madame de Sévigné
Naissance de Madame de Sévigné
1626 (≈ 1626)
Dans un boudoir de l’hôtel.
1637
Vente de l’hôtel
Vente de l’hôtel
1637 (≈ 1637)
Famille Coulanges le cède.
1926
Classement monument historique
Classement monument historique
1926 (≈ 1926)
Façades et toitures protégées.
1963
Rachat par Béatrice Cottin
Rachat par Béatrice Cottin
1963 (≈ 1963)
Début des travaux de restauration.
2009
Squat par Jeudi noir
Squat par Jeudi noir
2009 (≈ 2009)
Revendication pour le logement.
2016
Acquisition par Xavier Niel
Acquisition par Xavier Niel
2016 (≈ 2016)
Projet d’espace culturel public.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Philippe Ier de Coulanges - Commanditaire de l’hôtel |
Grand-père de Madame de Sévigné. |
| Marie de Rabutin-Chantal (Madame de Sévigné) - Écrivaine célèbre |
Y naît et y vit onze ans. |
| Georges Dufrénoy - Peintre postimpressionniste |
Locataire de 1871 à 1914. |
| Isadora Duncan - Danseuse moderne |
Transforme la salle en studio. |
| Béatrice Cottin - Propriétaire et restauratrice |
Travaux inachevés sur 40 ans. |
| Xavier Niel - Entrepreneur et acquéreur |
Projet de musée en 2016. |
Origine et histoire
L’hôtel des Coulanges est un hôtel particulier construit en 1607 sur la place des Vosges à Paris pour Philippe Ier de Coulanges, grand-père maternel de Marie de Rabutin-Chantal, future madame de Sévigné. Celle-ci y naît en 1626 dans un boudoir situé à l’extrémité de l’appartement familial, au deuxième étage de l’aile donnant sur la place. Elle y réside jusqu’à l’âge de onze ans, avant que la propriété ne soit vendue en 1637. Cet hôtel ne doit pas être confondu avec un autre hôtel de Coulanges, situé rue des Francs-Bourgeois, où Marie de Sévigné vivra plus tard.
Au début du XXe siècle, l’hôtel accueille des personnalités comme le peintre postimpressionniste Georges Dufrénoy (1871-1914) et la danseuse Isadora Duncan, locataire vers 1910-1912 avec Paris Singer. Duncan y transforme la salle de réception en studio de danse, doté d’un escalier monumental, pour y créer des chorégraphies innovantes. Ces occupations contrastent avec l’état de décrépitude ultérieur du bâtiment, marqué par des décennies de travaux inachevés et de conflits juridiques.
En 1963, Béatrice Cottin, fille du banquier Emmanuel Derode, acquiert l’hôtel alors en ruine et engage des travaux de restauration pendant plus de 40 ans, sans jamais les achever. Le bâtiment, squatté en 1994 puis en 2009 par le collectif Jeudi noir, devient un symbole des tensions autour du droit au logement à Paris. Après la mort de Cottin en 2015, l’hôtel est racheté en 2016 par Xavier Niel pour 33 millions d’euros, avec le projet d’y créer un espace culturel public nommé Espace Béatrice Cottin.
Classé monument historique dès 1926 pour ses façades et toitures, l’hôtel Coulanges se distingue par ses plafonds à la française aux poutres peintes et ses grandes cheminées de pierre. Son histoire reflète les mutations sociales et culturelles de Paris, des salons littéraires du XVIIe siècle aux enjeux contemporains du patrimoine et du logement. Les protections successives (1953 pour les escaliers, 1954 pour la galerie voûtée, 1967 pour un plafond) soulignent sa valeur architecturale et historique.