Frise chronologique
Début XVIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Début XVIIe siècle (≈ 1704)
Hôtel bâti pour la famille de Séguiran.
1724
Rénovation de la façade
Rénovation de la façade
1724 (≈ 1724)
Henri d’Albertas confie les travaux à Laurent Vallon.
1745
Création de la place
Création de la place
1745 (≈ 1745)
Jean-Baptiste d’Albertas fait raser les maisons voisines.
1763
Séjour de Casanova
Séjour de Casanova
1763 (≈ 1763)
Anecdote avec Marcoline et la comtesse d’Albertas.
14 juillet 1790
Assassinat du marquis
Assassinat du marquis
14 juillet 1790 (≈ 1790)
Henri d’Albertas tué à Gémenos par Anicet Martel.
1814
Restauration des biens
Restauration des biens
1814 (≈ 1814)
Retour de Jean-Baptiste Suzanne sous Louis XVIII.
1907
Décès de la comtesse de Bonfils
Décès de la comtesse de Bonfils
1907 (≈ 1907)
Filleule de Napoléon meurt dans l’hôtel.
1926 et 1991
Classements Monument Historique
Classements Monument Historique
1926 et 1991 (≈ 1991)
Protection des façades, cour et éléments intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade et toiture sur la place d'Albertas : classement par arrêté du 22 mars 1926 - Porche situé entre la porte cochère et la cour d'honneur ; cour d'honneur, y compris le sol et la fontaine ; cage du grand escalier et escalier lui-même, sa rampe et la galerie supérieure du deuxième étage ; ensemble des façades de la cour d'honneur et façade latérale donnant sur la rue Aude ; au premier étage de l'aile occidentale, pièces suivantes du lot 112 : grand salon prolongé par boudoir et cabinet de bain attenant au salon éclairé sur la rue Aude (cad. AC 159) : classement par arrêté du 11 février 1991 - Hôtel, à l'exclusion des parties classées (cad. AC 159) : inscription par arrêté du 11 février 1991
Personnages clés
| Henri Reynaud d'Albertas - Marquis et premier président à la cour des comptes |
Commanditaire de la rénovation en 1724. |
| Laurent Vallon - Architecte aixois |
Auteur de la façade rénovée en 1724. |
| Jean-Baptiste d'Albertas - Fils d’Henri, propriétaire |
Créa la place semi-elliptique en 1745. |
| Giacomo Casanova - Aventurier et écrivain vénitien |
Séjournait à l’hôtel en 1763. |
| Marie-Anne d'Albertas - Comtesse (branche cadette) |
Protagoniste d’une anecdote avec Marcoline. |
| Anicet Martel - Assassin du marquis |
Exécuté pour le meurtre d’Henri d’Albertas. |
| Comtesse de Bonfils de Lapeyrouse - Filleule de Napoléon |
Mourut dans l’hôtel en 1907. |
Origine et histoire
L’hôtel d’Albertas, situé au 10 rue Espariat à Aix-en-Provence, fut construit au début du XVIIe siècle pour la famille de Séguiran, dans un style Louis XIII. À l’origine nommé hôtel de Séguiran, il passa entre les mains du marquis Henri Reynaud d’Albertas, beau-fils des de Séguiran et premier président à la cour des comptes, qui en confia la rénovation en 1724 à l’architecte aixois Laurent Vallon. La façade fut alors modernisée, marquant une transition vers un style plus élégant, caractéristique du XVIIIe siècle.
En 1745, Jean-Baptiste d’Albertas, fils d’Henri, fit raser les maisons en face de l’hôtel pour créer une place semi-elliptique, s’inspirant des places royales parisiennes comme la place Vendôme. Ce réaménagement urbain visait à mettre en valeur la demeure, jusqu’alors encaissée dans une rue étroite, et reflétait l’influence des modèles architecturaux de la capitale. L’hôtel devint ainsi un symbole du prestige aristocratique aixois.
Le monument est associé à des figures historiques comme Casanova, qui y séjournait en 1763 lors d’un voyage entre Marseille et Aix. Une anecdote rapportée par l’historien D.J.E. Chol évoque une soirée où sa maîtresse, Marcoline, aurait passé la nuit avec la comtesse Marie-Anne d’Albertas, révélant des mœurs libertines au sein de l’aristocratie provençale. Ces récits illustrent la vie mondaine et les intrigues sociales qui animèrent les lieux.
La Révolution française marqua un tournant tragique pour la famille d’Albertas. Le marquis Henri fut assassiné en 1790 dans son château de Gémenos par Anicet Martel, un opposant politique. Son fils, Jean-Baptiste Suzanne, dut s’exiler à Lyon en 1794 après l’emprisonnement de sa femme et de sa mère. Il ne retrouva ses biens et ses titres qu’en 1814, sous la Restauration, avant que la famille ne doive louer une partie de l’hôtel à partir de 1830 pour subvenir à son entretien.
Au XXe siècle, l’hôtel d’Albertas abritait encore des personnalités notables, comme la comtesse de Bonfils de Lapeyrouse, née à Sainte-Hélène et filleule de Napoléon, qui y mourut en 1907. Classé Monument Historique en 1926 (façades et toitures) puis en 1991 (éléments intérieurs et cour d’honneur), il reste aujourd’hui une résidence privée fermée au public, témoin de l’histoire aristocratique et architecturale d’Aix-en-Provence.