Origine et histoire
L’hôtel d'Alibert est un hôtel particulier Renaissance situé à Caunes-Minervois, dans l’Aude, en Occitanie. Construit principalement au XVIe siècle, il se distingue par son style inspiré des palazzi italiens, avec une cour ornée de galeries à deux étages, des arcs en plein cintre, et des décors sculptés (bustes, médaillons, écussons). Un puits central, daté de 1560 par un écusson en plomb, et des escaliers à vis complètent cet ensemble architectural remarquable. L’édifice résulte de l’agrandissement successif de deux parties : l’aile gauche, plus ancienne (fin XVe – début XVIe siècle), évoque le style François Ier, tandis que l’aile droite, ajoutée plus tard, reflète l’influence d’Henri II.
La famille d’Alibert, qui donna plusieurs viguiers (magistrats locaux) au village, est à l’origine de sa construction. Selon la tradition, Jean, abbé de Caunes, aurait rapporté d’Italie un artiste de Carrare pour exploiter le marbre local et superviser les travaux, expliquant l’inspiration transalpine de l’édifice. L’hôtel fut partiellement classé Monument Historique en 1926 (puits Renaissance) et 1927 (galeries, façades, et éléments intérieurs comme les voûtes à liernes).
Transformé en hôtel-restaurant au XXe siècle, le bâtiment fut acquis en 1912 par la famille Guiraud, qui le rénova pour en faire un établissement combinant hébergement et restauration. Frédéric Guiraud, actuel dirigeant, perpétue cette tradition depuis 1986. À l’intérieur, certaines salles conservent leurs voûtes d’origine, dont une chapelle aux tiercerons, tandis que des fenêtres à meneaux, intacts, témoignent du faste passé.
Les différences architecturales entre les deux ailes s’expliquent par des acquisitions successives. La galerie la plus ancienne, ornée de bustes en médaillons, rappelle l’époque François Ier et pourrait être l’œuvre d’un artiste toulousain. La seconde, aux colonnes doriques renflées, date du milieu du XVIe siècle, sous Henri II. La date de 1560, gravée sur le puits, marquerait l’achèvement des travaux d’unification des parties achetées par les d’Alibert.