Frise chronologique
1559-1560
Construction initiale
Construction initiale
1559-1560 (≈ 1560)
Début des travaux par Philibert de l’Orme pour François de Pisseleu.
1576
Modifications par Jean Bodin
Modifications par Jean Bodin
1576 (≈ 1576)
Remplacement de la charpente à petits bois par une toiture traditionnelle.
1584-1619
Propriété de Diane de France
Propriété de Diane de France
1584-1619 (≈ 1602)
Achèvement des travaux malgré des contraintes juridiques.
1619-1650
Héritage de Charles d’Angoulême
Héritage de Charles d’Angoulême
1619-1650 (≈ 1635)
Ajout de l’aile nord et de l’échauguette.
XVIIIe siècle
Ère des Lamoignon
Ère des Lamoignon
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Lieu de rencontre des intellectuels parisiens.
1969
Ouverture de la Bibliothèque historique
Ouverture de la Bibliothèque historique
1969 (≈ 1969)
Installation après restauration (1955-1968).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| François de Pisseleu - Commanditaire initial |
Abbé ayant lancé la construction en 1559. |
| Philibert de l’Orme - Architecte Renaissance |
Conçut le soubassement et l’escalier central. |
| Diane de France - Propriétaire et mécène |
Termina l’hôtel et inspira ses décors. |
| Guillaume Ier de Lamoignon - Premier président du Parlement |
Fit de l’hôtel un salon littéraire. |
| Antoine Moriau - Procureur et bibliophile |
Fonda la première bibliothèque municipale. |
| Robert de Cotte - Architecte des Lamoignon |
Aménagea l’hôtel au XVIIIe siècle. |
Origine et histoire
L’hôtel d’Angoulême Lamoignon, situé 24 rue Pavée dans le 4e arrondissement de Paris, est un hôtel particulier construit à partir de 1559 pour François de Pisseleu, abbé de Saint-Corneille de Compiègne. Conçu initialement par Philibert de l’Orme, seul le soubassement, l’escalier central et la moitié sud furent réalisés avant des retards dus à des innovations structurelles comme la charpente à petits bois. Les travaux furent repris après sa mort, avec des modifications majeures, dont le remplacement de cette charpente par une toiture traditionnelle en 1576 sous Jean Bodin de Montguichet.
Acquis en 1584 par Diane de France, fille légitimée d’Henri II, l’hôtel fut confronté à des contraintes juridiques (rentes, procédures de rachat) l’empêchant d’achever les travaux avant 1611. Elle fit élever l’aile sud et ajouter un pavillon symétrique, terminant ainsi la structure principale. À sa mort en 1619, l’hôtel passa à son neveu Charles d’Angoulême, qui y vécut jusqu’en 1650 et y ajouta une aile nord avec une échauguette, visible aujourd’hui à l’angle des rues Pavée et des Francs-Bourgeois.
Au XVIIIe siècle, Guillaume Ier de Lamoignon, premier président du Parlement de Paris, loua et aménagea l’hôtel avec l’architecte Robert de Cotte. Il en fit un lieu de rencontre pour les intellectuels (Madame de Sévigné, Racine, Boileau). En 1759, le procureur Antoine Moriau y installa sa bibliothèque, léguée à la ville de Paris, créant la première bibliothèque municipale ouverte au public en 1763. L’hôtel fut ensuite acheté par l’architecte Jean-Baptiste Le Boursier, puis habité par Alphonse Daudet (1867-1876).
Racheté par la Mairie de Paris en 1928, l’hôtel fut restauré entre 1955 et 1968 pour abriter la Bibliothèque historique de la ville de Paris, inaugurée en 1969. Les travaux ajoutèrent une extension en U et deux étages en sous-sol, tout en préservant des éléments classés monuments historiques en 1937 : la façade Renaissance, les toitures, les pavillons d’escalier, et le salon du premier étage aux lambris corinthiens. L’échauguette du XVIIe siècle, marquée des initiales « S. C. » (Sainte-Catherine), rappelle l’ancien couvent présent sur le site.
Le portail ouest, datant de 1718, arbore un tympan symbolisant la Vérité et la Prudence, vertus chères aux Lamoignon, ainsi que leur chiffre entrelacé. Les décors intérieurs, inspirés par Diane de France (déesse de la chasse), incluent croissants de lune, têtes de cerfs et trophées d’armes. L’hôtel illustre ainsi l’évolution architecturale et sociale du Marais, des guerres de Religion à son rôle actuel de conservatoire de l’histoire parisienne.