Frise chronologique
début XVe siècle
Cave voûtée préexistante
Cave voûtée préexistante
début XVe siècle (≈ 1504)
Double rangée de colonnes et arcs à pénétration.
1585–1590
Construction initiale
Construction initiale
1585–1590 (≈ 1588)
Bâti pour Guillaume d’Emskerque, co-gouverneur de Besançon.
1703–1718
Résidence des intendants
Résidence des intendants
1703–1718 (≈ 1711)
Rénovations par Bernage, Le Guerchoy, d’Ormesson.
1746
Ajout d’une aile droite
Ajout d’une aile droite
1746 (≈ 1746)
Lambris Louis XV installés par Jean-Jacques Boisot.
1772–1785
Bureau des finances royal
Bureau des finances royal
1772–1785 (≈ 1779)
Aménagements administratifs avant la Révolution.
1793–1796
Siège du district révolutionnaire
Siège du district révolutionnaire
1793–1796 (≈ 1795)
Transformations par l’administration, dégradations notées.
8 août 1994
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
8 août 1994 (≈ 1994)
Protection de l’hôtel, sols et vestiges archéologiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel, y compris les sols des passages et des cours avec les vestiges archéologiques qu'ils contiennent (cad. AB 155, 157, 158) : inscription par arrêté du 8 août 1994
Personnages clés
| Guillaume d’Emskerque (ou d’Anvers) - Co-gouverneur de Besançon (1597–1602) |
Commanditaire de la construction vers 1585–1590. |
| Louis de Bernage - Intendant de Franche-Comté (1703–1718) |
Initie des rénovations majeures avec sa femme. |
| Jean-Jacques Boisot - Président au parlement de Franche-Comté |
Installe lambris Louis XV en 1746. |
| Jean-Marie d’Olivet - Propriétaire en 1778 |
Rénove l’étage avec lambris Louis XVI. |
| C.J.A. Bertrand et Charles Charmet - Architectes (fin XVIIIe siècle) |
Évaluent les dégradations révolutionnaires en 1796. |
Origine et histoire
L’hôtel d’Anvers, aussi appelé hôtel d’Emskerque, est un hôtel particulier situé au 44 Grande-Rue à Besançon, dans le département du Doubs. Construit entre 1585 et 1590 pour Guillaume d’Emskerque (ou d’Anvers), co-gouverneur de la cité de 1597 à 1602, il repose partiellement sur une cave voûtée du début du XVe siècle, dotée de colonnes supportant des arcs à pénétration. Ce monument illustre l’architecture civile de la Renaissance bisontine, avec un plan en « U » et une façade rue Grande ornée de pilastres, frontons et corniches. Inscrit aux monuments historiques depuis 1994, il conserve des vestiges archéologiques dans ses sols et cours.
Au XVIIIe siècle, l’hôtel devient la résidence de hauts fonctionnaires. Claude Boisot, président du parlement de Franche-Comté, en est propriétaire au début du siècle. Entre 1703 et 1718, trois intendants — Louis de Bernage, Pierre-Hector Le Guerchoy et Olivier d’Ormesson — y logent et financent des rénovations majeures : lambris, plafonds, fenêtres, et création d’un jardin. En 1746, Jean-Jacques Boisot ajoute des lambris Louis XV et construit une aile droite. En 1772, l’hôtel abrite un bureau des finances royal, avant d’être transformé en siège administratif révolutionnaire en 1793. Les architectes Bertrand et Charmet y interviennent en 1796 pour réparer les dégradations subies.
Les modifications se poursuivent aux XIXe et XXe siècles : une boutique remplace une partie du rez-de-chaussée, une aile en béton est ajoutée, et le jardin devient un parking. Malgré ces altérations, l’hôtel conserve des éléments remarquables, comme un pavage en galets polychromes dans le passage cocher, un escalier d’honneur en maçonnerie, et une fabrique de jardin en fond de cour. Les décors intérieurs, notamment les lambris Louis XV et Louis XVI, témoignent de son prestige passé. Aujourd’hui propriété privée, il reste un exemple emblématique du patrimoine civil bisontin, mêlant héritage Renaissance et transformations classiques.
L’édifice s’inscrit dans le secteur sauvegardé de La Boucle, cœur historique de Besançon. Sa double vocation — résidence aristocratique puis siège administratif — reflète l’évolution politique et sociale de la ville, de l’Ancien Régime à la Révolution. Les vestiges archéologiques de ses cours, protégés depuis 1994, offrent un aperçu des occupations antérieures du site, tandis que ses aménagements successifs illustrent les goûts architecturaux des élites locales sur quatre siècles.