Frise chronologique
1684
Achat du terrain
Achat du terrain
1684 (≈ 1684)
Sextius d’Arlatan acquiert la parcelle rue de l’Opéra.
1685
Début de la construction
Début de la construction
1685 (≈ 1685)
Début des travaux selon les plans de Balthazar Cundier.
1730-1735
Décors Régence
Décors Régence
1730-1735 (≈ 1733)
Gypseries du rez-de-chaussée réalisées.
1745-1750
Décors Louis XV
Décors Louis XV
1745-1750 (≈ 1748)
Salons du premier étage ornés de gypseries.
1907
Transfert de la porte
Transfert de la porte
1907 (≈ 1907)
Porte sculptée envoyée au Musée de Lyon.
1983
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1983 (≈ 1983)
Protection légale de l’ensemble architectural.
années 1990
Pillages et dégradations
Pillages et dégradations
années 1990 (≈ 1990)
Vol d’éléments décoratifs et arrêté de péril.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment principal sur la rue de l'Opéra ; façades et toitures de l'aile est du bâtiment principal et des deux pavillons sur jardin ; façade sur la rue du Maréchal-Joffre du bâtiment des communs ; portail séparant le jardin de la cour (cad. AH 21, 23) : classement par arrêté du 21 février 1983 - L'escalier avec sa rampe en bois peint et les quatre pièces avec leur décor du premier étage du bâtiment des communs sur la rue du Maréchal-Joffre (cad. AH 21, 23) : inscription par arrêté du 21 février 1983 - Hôtel et tous les bâtiments des communs appelés aussi hôtel de Dreux-Brézé (cad. AH 192) : inscription par arrêté du 29 août 2000
Personnages clés
| Sextius d’Arlatan de Montaud - Commanditaire et premier propriétaire |
Conseiller du roi, marquis de La Roche. |
| Balthazar Cundier - Architecte |
Auteur des plans en 1685. |
| Louis Cundier - Architecte (père de Balthazar) |
Conçut l’hôtel Grimaldi-Régusse (1675). |
| Bernard Torro (dit Toro) - Sculpteur |
Auteur de la porte Louis XV (1907). |
| M. de Dreux-Brézé - Intendant de la famille Arlatan |
Occupa les appartements nobles des communs. |
Origine et histoire
L’hôtel d’Arlatan-Lauris, situé au 24 rue de l’Opéra à Aix-en-Provence, est un hôtel particulier construit entre 1685 et le XVIIIe siècle. Commandé par Sextius d’Arlatan de Montaud, conseiller du roi au Parlement de Provence, il adopte un plan traversant rare, distribué par deux rues (rue de l’Opéra et rue du Maréchal-Joffre), avec un jardin central. Son architecture s’inspire de l’hôtel voisin Grimaldi-Régusse, bâti en 1675 par Louis Cundier, père de l’architecte Balthazar Cundier, qui conçut les plans de l’hôtel d’Arlatan.
Les décors intérieurs, parmi les plus remarquables de Provence, incluent des gypseries des XVIIe et XVIIIe siècles : style Régence (1730-1735) au rez-de-chaussée et style Louis XV (1745-1750) à l’étage. Les salons nobles, côté rue de l’Opéra, contrastent avec les communs (hôtel de Dreux-Brézé), construits sur des bâtiments préexistants et rehaussés au XVIIIe siècle. La porte d’entrée originale, sculptée par Bernard Torro (dite Toro) en style Louis XV, ornée de guirlandes et de mascarons, fut transférée au Musée des Beaux-Arts de Lyon en 1907.
L’hôtel connut plusieurs propriétaires, dont les familles Lubières et Bonnecorse, avant d’être classé Monument Historique en 1983. Dans les années 1990, il subit des pillages (vol de cheminées, tentures, fontaines) avant une restauration. Son escalier monumental, avec une rampe Louis XVI et des masques grotesques, ainsi que ses jardins (pré-inventoriés comme « remarquables »), furent partiellement utilisés pour le tournage du film Le Hussard sur le toit (1995).
L’ensemble illustre l’urbanisme aixois du XVIIe siècle, marqué par des rues droites et des hôtels aristocratiques. Le quartier Villeneuve, où il se situe, reflète l’expansion de la ville sous l’Ancien Régime, avec des résidences combinant prestige (salons décorés) et fonctionnalité (communs, remises à carrosses). Les gypseries, classées, témoignent du savoir-faire des artisans provençaux, tandis que les transformations du XVIIIe siècle (balcons, portes-fenêtres) révèlent l’évolution des goûts architecturaux.
Aujourd’hui résidence privée non ouverte au public, l’hôtel d’Arlatan-Lauris reste un exemple majeur du patrimoine civil aixois, malgré les dégradations passées. Son histoire mêle fastes aristocratiques (réceptions, décors somptueux) et vicissitudes modernes (abandon, protection, réhabilitation), soulignant les enjeux de préservation des monuments historiques en France.