Frise chronologique
1619
Acquisition par Michel-Antoine Scarron
Acquisition par Michel-Antoine Scarron
1619 (≈ 1619)
Début des travaux de reconstruction.
1631-1650
Construction par François Mansart
Construction par François Mansart
1631-1650 (≈ 1641)
Achèvement sous Michel Villedo.
1648-1756
Période des ducs d'Aumont
Période des ducs d'Aumont
1648-1756 (≈ 1702)
Rénovations et occupation familiale.
1946
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1946 (≈ 1946)
Protection officielle du bâtiment.
1959
Installation du tribunal administratif
Installation du tribunal administratif
1959 (≈ 1959)
Restauration par Paul Tournon.
2003
Redécouverte des restes d'Arégonde
Redécouverte des restes d'Arégonde
2003 (≈ 2003)
Dans une armoire forte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel d'Aumont : classement par arrêté du 4 avril 1946
Personnages clés
| Michel-Antoine Scarron - Conseiller du roi et commanditaire |
Acheteur du terrain en 1619. |
| François Mansart - Architecte |
Auteur des plans initiaux. |
| Antoine d'Aumont de Rochebaron - Duc et occupant |
Propriétaire de 1648 à 1669. |
| Charles Le Brun - Peintre-décorateur |
A décoré les intérieurs. |
| André Le Nôtre - Jardinier-paysagiste |
A dessiné le jardin. |
| Paul Tournon - Architecte restaurateur |
Rénovation en 1959. |
Origine et histoire
L’hôtel d'Aumont, situé rue de Jouy dans le 4e arrondissement de Paris, occupe à l’origine au XVe siècle une propriété nommée le Dé, appartenant à la famille Cousinot, magistrats parisiens. Le terrain est acquis en 1619 par Michel-Antoine Scarron, conseiller du roi et oncle du poète Paul Scarron, qui juge le bâtiment existant vétuste et le fait démolir pour ériger l’hôtel actuel. Les plans sont confiés à François Mansart, et la construction, débutée en 1631, s’achève vers 1649-1650 sous la direction du maître-maçon Michel Villedo. À cette époque, le Marais est un quartier aristocratique en plein essor, attirant les familles nobles et bourgeoises.
En 1648, Antoine d'Aumont de Rochebaron, gendre de Michel-Antoine Scarron, hérite de l’hôtel après la mort de ce dernier en 1655. Il le fait remanier et agrandir, avec des décors intérieurs signés Charles Le Brun et Simon Vouet, tandis qu’André Le Nôtre dessine probablement le jardin à la française. L’hôtel reste dans la famille d’Aumont jusqu’en 1756, abritant quatre générations de ducs. Après cette date, il change plusieurs fois de mains : racheté par des entrepreneurs comme Charles Sandrié, puis par Pierre Terray, procureur général, avant d’être vendu en 1795 par ses héritiers.
Au XIXe siècle, l’hôtel d'Aumont connaît des usages variés : il abrite la mairie du 9e arrondissement (1802-1824), puis des internes du lycée Charlemagne (1824-1859). En 1859, la Pharmacie centrale de France l’acquiert et le transforme radicalement, supprimant le jardin pour construire des hangars et convertissant les salons en bureaux. Ce n’est qu’en 1938 que le département de la Seine le rachète pour le restaurer. Classé Monument Historique en 1946, il est enfin réaménagé en 1959 par les architectes Michel Roux-Spitz et Paul Tournon pour accueillir le tribunal administratif de Paris.
Un épisode marquant de son histoire récente survient en 2003, lorsque les restes de la reine mérovingienne Arégonde, conservés depuis les années 1970 dans une armoire forte de l’hôtel, y sont redécouverts. Ces vestiges avaient été placés là par Michel Fleury, vice-président de la Commission du Vieux Paris, illustrant le rôle parfois insoupçonné des monuments historiques dans la préservation du patrimoine archéologique.