Origine et histoire de l'Hôtel d'Esterno
L’hôtel d’Esterno, initialement nommé hôtel Bouchu, est construit entre 1641 et 1643 pour Jean Bouchu, premier président du Parlement de Dijon. Ce dernier, en poste depuis 1638, acquiert plusieurs parcelles contiguës dès 1640 pour ériger cet édifice. Les travaux sont menés par les entrepreneurs locaux Jean Braconnier et, potentiellement, Guillaume Tabourot, bien qu’une attribution ancienne à l’architecte Pierre Le Muet ait été remise en cause par des recherches récentes. L’hôtel, de style Louis XIII, devient rapidement un lieu de réceptions prestigieuses.
À la mort de Jean Bouchu en 1653, l’hôtel passe à son fils Claude Bouchu de Lessart, puis à son petit-fils Étienne-Jean. En 1715, par le mariage de Marie-Élisabeth Bouchu avec René-Mans de Froulay, comte de Tessé, le bâtiment entre dans cette famille. Il change ensuite de mains via les Richard de Montaugé, avant d’être transmis aux d’Esterno en 1805. Ferdinand-Charles d’Esterno, dernier héritier, en reste propriétaire jusqu’à sa mort en 1883, sans descendance.
Acquis par la ville de Dijon en 1884, l’hôtel connaît diverses vocations : lycée pour jeunes filles, conservatoire de musique, puis quartier général du 8e corps d’armée jusqu’en 2000. Depuis 2024, après une rénovation complète dirigée par l’architecte du patrimoine Fabien Drubigny, il accueille le siège de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). L’édifice, protégé depuis 1928, allie une cour d’honneur, un jardin public et des dépendances historiques.
L’architecture de l’hôtel, en forme de H, s’étend sur 1 200 m2 avec quatre niveaux, dont un sous-sol voûté et des étages nobles. Le salon principal, orné d’un parquet Versailles et de décors Louis XVI, témoigne des modifications ultérieures, comme le portail monumental ajouté en 1785. Ce dernier, flanqué de colonnes doriques et de chérubins, marque l’entrée sur la rue Monge. Le jardin d’agrément, accessible au public, complète cet ensemble emblématique du patrimoine dijonnais.