Frise chronologique
1703
Construction de l'hôtel
Construction de l'hôtel
1703 (≈ 1703)
Bâti pour Pierre-Louis Jacobs d'Hailly.
1789-1799
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire
1789-1799 (≈ 1794)
Vendu à des industriels après saisie.
XIXe siècle
Transformation par les religieuses
Transformation par les religieuses
XIXe siècle (≈ 1865)
Modifié par Notre-Dame-du-Cénacle.
1905
Abandon après la loi de séparation
Abandon après la loi de séparation
1905 (≈ 1905)
Quitté par la communauté religieuse.
1907
Rachat par Jules Scrive-Loyer
Rachat par Jules Scrive-Loyer
1907 (≈ 1907)
Avant cession à l’État en 1946.
7 décembre 1965
Classement monument historique
Classement monument historique
7 décembre 1965 (≈ 1965)
Façades, toitures et sols protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rue, sur cour et sur le parc ; sol de la cour et sol du parc (cad. B 272, 273) : inscription par arrêté du 7 décembre 1965
Personnages clés
| Pierre-Louis Jacobs d'Hailly - Commanditaire initial |
Propriétaire à la construction en 1703. |
| Jules Scrive-Loyer - Propriétaire en 1907 |
Rachète l’hôtel avant sa cession à l’État. |
| Religieuses de Notre-Dame-du-Cénacle - Propriétaires au XIXe siècle |
Transforment partiellement le bâtiment. |
Origine et histoire
L’hôtel d'Hailly d'Aigremont, aussi appelé hôtel d'Ailly d'Aigremont, est un hôtel particulier situé au 45 rue de Roubaix à Lille, dans le département du Nord. Construit en 1703 pour Pierre-Louis Jacobs d'Hailly, il incarne l’architecture civile lilloise du début du XVIIIe siècle. Son organisation « entre cour et jardin » reflète les codes des demeures aristocratiques de l’époque, avec un jardin s’étendant jusqu’au boulevard Carnot, autrefois traversé par le canal des Vieux Hommes. Cet hôtel illustre aussi les transformations urbaines de Lille, entre héritage médiéval (canaux) et modernisation.
Confisqué pendant la Révolution française, l’hôtel change plusieurs fois de mains : vendu à un manufacturier, puis à un teinturier, il est ensuite acquis par les religieuses de Notre-Dame-du-Cénacle au XIXe siècle. Ces dernières y apportent des modifications avant de l’abandonner lors de la séparation de l’Église et de l’État en 1905. En 1907, Jules Scrive-Loyer le rachète, puis le cède au ministère des Armées en 1946. Depuis, il abrite le commandement des Forces terrestres, mêlant ainsi histoire civile et fonction militaire.
Classé monument historique depuis le 7 décembre 1965 pour ses façades, toitures, et sols de la cour et du parc, l’hôtel témoigne de l’évolution sociale et politique de Lille. Son inscription protège un patrimoine à la fois architectural (style classique lillois) et historique, lié aux bouleversements révolutionnaires, industriels, et religieux de la région. La proximité de la gare Lille-Flandres et son accès par le métro soulignent son ancrage dans la ville contemporaine.
Les sources disponibles, comme les travaux de Christiane Lesage (1980) ou ceux dirigés par le général Pierre Coursier (1999), documentent son rôle dans l’histoire locale. L’hôtel reste un symbole des interactions entre pouvoir civil, religieux, et militaire, tout en étant un exemple préservé de l’urbanisme lillois des XVIIe et XVIIIe siècles.