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Hôtel d'Olmières à Toulouse en Haute-Garonne

Hôtel d'Olmières

    3 Rue Lanternières31000 Toulouse
Propriété privée
Crédit photo : Frédéric Neupont - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1544
Sauvetage fortuit
Début XVIe siècle
Construction initiale
Vers 1611
Surélévation de la tour
XVIIIe siècle
Remaniments majeurs
5 avril 1946
Protection partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades sur rue et sur cour, toitures, passage voûté et la tour : inscription par arrêté du 5 avril 1946

Personnages clés

Jean-Étienne d'Olmières - Capitoul de la Daurade (1503–1504) Commanditaire présumé de l’hôtel.
Georges d'Olmières - Baron de Saint-Sernin, président au Parlement (1521) Autre hypothèse pour le commanditaire initial.
Nicolas Bachelier - Architecte du Pont-Neuf Erreur de traçage sauvant l’hôtel en 1544.
Jean de Balanguier - Seigneur de Montlaur, conseiller au Parlement Propriétaire en 1611, surélève la tour.
Jacques Druilhet - Président au Parlement (1654) Propriétaire vers 1650 sans l’habiter.

Origine et histoire

L’hôtel d'Olmières est un hôtel particulier construit au début du XVIe siècle pour la famille d'Olmières, dans le centre historique de Toulouse. Il illustre l’isolation des élites urbaines tout en affichant leur richesse, mêlant éléments Renaissance (terrasse, décors) et gothiques (tour octogonale à mâchicoulis, accolades sculptées). La tour, initialement couronnée d’une terrasse et de mâchicoulis aveugles, symbolisait la puissance de la famille. L’hôtel aurait dû être démoli en 1544 pour la construction du Pont-Neuf, mais une erreur de traçage de la première pile par Nicolas Bachelier épargna le bâtiment en modifiant l’axe du pont.

La propriété changea plusieurs fois de mains après les années 1570. Vendue aux Garrache (conseillers au Parlement), puis à Jean de Balanguier en 1611, la tour fut surélevée d’un étage de mirandes vers cette époque. Au XVIIe siècle, Jacques Druilhet, président au Parlement, en devint propriétaire sans l’habiter. Au XVIIIe siècle, les marchands Castet le rachetèrent et entreprirent des remaniements majeurs : refonte de la porte d’entrée de la tour, modification des fenêtres, et réaménagement des ouvertures pour moderniser l’ensemble.

L’architecture s’organise autour d’une cour intérieure accessible par un passage voûté en brique et pierre, typique du XVIe siècle toulousain. Le portail, orné de bouteroues en forme de courges, mène à une terrasse fermée par un balcon en fer forgé. Les élévations de la cour, homogènes, conservent des accoudoirs gothiques malgré les transformations du XVIIIe siècle. La tour d’escalier octogonale, joyau du bâtiment, combine des éléments gothiques (vis de pierre à 83 marches, modillons fantastiques) et Renaissance (fenêtres à accolades en choux-frisés). L’hôtel, partiellement inscrit aux monuments historiques en 1946, incarne ainsi l’évolution des goûts architecturaux sur trois siècles.

Les sources mentionnent deux hypothèses pour son commanditaire initial : Jean-Étienne d'Olmières, capitoul de la Daurade (1503–1504), ou Georges d'Olmières, baron de Saint-Sernin et président au Parlement de Toulouse (1521). Le bâtiment, conçu pour occuper un îlot entier entre les rues Peyrolières, Lanternières et du Tabac, reflète l’ambition d’une lignée influente, mêlée aux affaires judiciaires et politiques de la région. Son sauvetage en 1544, dû à une erreur de construction, en fait un témoin fortuit de l’urbanisme toulousain.

Les remaniements des XVIIe et XVIIIe siècles, bien que modifiant son apparence, préservèrent des éléments originaux comme les modillons sculptés (têtes et animaux fantastiques) ou la structure du passage voûté. Ces transformations répondirent aux besoins de confort et de représentation sociale des nouveaux propriétaires, souvent liés au Parlement ou au commerce. L’inscription partielle en 1946 protégea les façades, toitures, le passage et la tour, soulignant leur valeur patrimoniale.

Aujourd’hui, l’hôtel d'Olmières reste un exemple remarquable de l’adaptation d’un édifice aristocratique aux évolutions stylistiques et sociales, depuis la Renaissance toulousaine jusqu’aux Lumières. Son histoire, marquée par des familles parlementaires et marchandes, illustre les dynamiques de pouvoir et de prestige dans une ville alors capitale provinciale du Languedoc.

Liens externes

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