Frise chronologique
1720
Intervention de Jacques Daviel
Intervention de Jacques Daviel
1720 (≈ 1720)
Peste à Marseille, origine du nom.
1742
Arrêt du Conseil du Roi
Arrêt du Conseil du Roi
1742 (≈ 1742)
Ordre de reconstruction aux frais municipaux.
1743-1747
Construction de l’hôtel Daviel
Construction de l’hôtel Daviel
1743-1747 (≈ 1745)
Remplacement de l’ancien palais de justice.
12 janvier 1945
Classement Monument historique
Classement Monument historique
12 janvier 1945 (≈ 1945)
Protection des façades et toitures.
2006
Relié à l’hôtel de ville
Relié à l’hôtel de ville
2006 (≈ 2006)
Extension souterraine des bâtiments municipaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures : classement par arrêté du 12 janvier 1945
Personnages clés
| Jacques Daviel - Chirurgien et ophtalmologue |
Nom donné à l’hôtel après 1720. |
| Frères Gérard - Architectes |
Constructeurs entre 1743 et 1747. |
| Jean-Michel Verdiguier - Sculpteur |
Auteur des décors allégoriques. |
Origine et histoire
L’hôtel Daviel est un édifice emblématique de Marseille, construit entre 1743 et 1747 par les frères Gérard. À l’origine, il remplace un palais de justice du XVIe siècle, jugé trop exigu par les autorités municipales. Le projet, financé par une surtaxe sur le blé, intègre une maison adjacente achetée à M. Ferrary pour agrandir l’emprise. Les tribunaux s’y installent dès 1747, mais le bâtiment devient aussi le théâtre d’exécutions capitales pendant la Révolution.
Le monument doit son nom au chirurgien Jacques Daviel, connu pour son intervention lors de la peste de 1720. Après avoir abrité le palais de justice jusqu’en 1862, il accueille l’école de médecine de 1875 à 1893. Épargné lors des destructions de 1943, il sert aujourd’hui de services municipaux. Ses façades, classées en 1945, présentent des pilastres ioniques, un fronton triangulaire et des sculptures allégoriques de Jean-Michel Verdiguier, symbolisant la Justice et la Loi.
L’avant-corps en saillie est orné d’un balcon en fer forgé aux motifs « à la marguerite ». Le fronton, décoré d’une déesse sur un lion, est entouré d’angelots portant les armes de Marseille. Sous les fenêtres du second étage, des panneaux représentent la main de la Justice et la torche de Thémis. Depuis 2006, l’hôtel Daviel est relié souterrainement à l’hôtel de ville, intégrant un ensemble administratif moderne.
Le financement initial, contesté entre la municipalité et le trésor royal, aboutit à un arrêt du Conseil du Roi en 1742 imposant la reconstruction aux frais de la ville. Pendant les travaux, les services judiciaires furent temporairement installés rue des Olives. Le coût total s’éleva à 194 212 livres, une somme considérable pour l’époque.
Aujourd’hui, l’hôtel Daviel incarne à la fois l’héritage judiciaire de Marseille et son évolution urbaine. Son architecture, typique des maisons provençales du XVIIIe siècle, en fait un témoin privilégié de l’histoire locale, entre justice, médecine et pouvoir municipal.