Frise chronologique
1815-1819
Mandat de François-Dominique de Castaing
Mandat de François-Dominique de Castaing
1815-1819 (≈ 1817)
Maire ultra-royaliste de Lectoure.
1821
Transmission au baron de Bastard
Transmission au baron de Bastard
1821 (≈ 1821)
Héritage après la mort de François-Dominique.
2e moitié du XVIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
2e moitié du XVIIIe siècle (≈ 1850)
Pour Louis de Castaing et Marie-Marguerite de Bastard.
1867
Mort de la baronne de Bastard
Mort de la baronne de Bastard
1867 (≈ 1867)
Fin du salon royaliste.
1869
Vente à la famille Dufour
Vente à la famille Dufour
1869 (≈ 1869)
Début d’une ère bourgeoise.
1948
Rachat par la municipalité
Rachat par la municipalité
1948 (≈ 1948)
Devenu lycée puis hôtel-restaurant.
8 octobre 1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
8 octobre 1984 (≈ 1984)
Protection des façades et décors intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Portail d'entrée sur rue ; façades et toitures de l'hôtel et de ses communs ; terrasse et jardin ; hall d'entrée et escalier avec sa cage ; les six pièces du rez-de-chaussée avec leur décor de gypserie (cad. CK 384) : inscription par arrêté du 8 octobre 1984
Personnages clés
| Louis de Castaing - Lieutenant général au Présidial |
Commanditaire de l’hôtel, époux de Marie-Marguerite. |
| François-Dominique de Castaing - Maire de Lectoure (1815-1819) |
Fils des fondateurs, officier d’artillerie. |
| Jean-Baptiste de Bastard - Baron d’Empire, héritier |
Propriétaire après 1821, époux de la baronne. |
| Baronne de Bastard - Salonnière royaliste |
Anima la vie mondaine jusqu’en 1867. |
| Jean-François Bladé - Folkloriste et poète gascon |
Fréquentait le salon, inspiré par l’hôtel. |
| Alexandre Dufour - Avocat et poète |
Propriétaire bourgeois, fils d’Anaïs Devaux. |
Origine et histoire
L’hôtel de Bastard-Castaing est un ancien hôtel particulier construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle pour Louis de Castaing, lieutenant général au Présidial de Lectoure, et son épouse Marie-Marguerite de Bastard-Saint-Denis. Situé rue Lagrange, il domine la ville avec ses terrasses successives et son porche en retrait, entre les rues Subervie et Saint-Gervais. Son architecture sobre, en pierre de taille, se distingue par des boiseries élégantes et des décors intérieurs de stuc, organisés autour d’un couloir central.
À la mort de Louis de Castaing, l’hôtel passe à leur fils François-Dominique (1747-1821), maire ultra-royaliste de Lectoure de 1815 à 1819. Sans héritier direct, le bien échoit à son cousin Jean-Baptiste de Bastard, baron d’Empire, dont la veuve anime un salon royaliste rival de l’hôtel Descamps (salon républicain). La baronne y reçoit notables, poètes comme Jean-François Bladé, et en fait un lieu culturel majeur jusqu’à sa mort en 1867.
Vendu en 1869 à la famille Dufour, bourgeoise locale, l’hôtel conserve son prestige mondain jusqu’en 1920, malgré des difficultés financières. Les Dufour, dont Alexandre (poète et avocat) et sa mère Anaïs, côtoyaient déjà la baronne. Transformé en entrepôt de tabac puis en lycée professionnel au XXe siècle, il est racheté par la municipalité en 1948. Restauré en 1983, il devient l’hôtel-restaurant Le Bastard en 1984, tout en préservant ses décors historiques (gypseries, escalier, façades), classés Monuments Historiques depuis 1984.
L’architecture intègrent des éléments remarquables : un évier en pierre sculptée, des mosaïques dans la cage d’escalier, et des caves voûtées en brique. Le jardin, autrefois en terrasses, abrite aujourd’hui une piscine. L’hôtel symbolise l’évolution sociale de Lectoure, passant d’un lieu de pouvoir aristocratique (famille de Castaing) à un espace bourgeois (Dufour), puis à un patrimoine public.
Son histoire littéraire est marquée par Jean-François Bladé, folkloriste gascon, dont le fils Étienne remporte un prix des Jeux Floraux pour une Élégie inspirée par l’hôtel. En 1930, sa petite-nièce Jean Balde décrit une visite mélancolique dans le bâtiment désert, évoquant les fantômes de son âge d’or. Ces récits témoignent de son aura culturelle persistante, bien au-delà de sa fonction initiale.