Frise chronologique
1468
Premier logis attesté
Premier logis attesté
1468 (≈ 1468)
Logis de Jean de Beaune, angle nord-ouest.
1486
Héritage de Jacques de Beaune
Héritage de Jacques de Beaune
1486 (≈ 1486)
Fils de Jean hérite du logis.
vers 1506
Construction du logis Jacques de Beaune
Construction du logis Jacques de Beaune
vers 1506 (≈ 1506)
Agrandissement en style gothique.
1517
Don de l’hôtel de Dunois
Don de l’hôtel de Dunois
1517 (≈ 1517)
Louise de Savoie offre le bâtiment.
1518-1525
Unification de l’hôtel
Unification de l’hôtel
1518-1525 (≈ 1522)
Galerie nord et chapelle ajoutées.
1525
Saisie des biens de Jacques de Beaune
Saisie des biens de Jacques de Beaune
1525 (≈ 1525)
Morcellement après son exécution.
1634-1676
Rachat par les jésuites
Rachat par les jésuites
1634-1676 (≈ 1655)
Reconstitution pour un collège.
1762
Expulsion des jésuites
Expulsion des jésuites
1762 (≈ 1762)
Rachat par les oratoriens.
juin 1940
Incendie pendant la Seconde Guerre mondiale
Incendie pendant la Seconde Guerre mondiale
juin 1940 (≈ 1940)
Destruction partielle de l’hôtel.
9 août 1941 et 21 octobre 1947
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 août 1941 et 21 octobre 1947 (≈ 1944)
Protection des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La galerie du rez-de-chaussée et la chapelle qui la surmonte au premier étage (cad. DY) : classement par arrêté du 9 août 1941 ; La façade Nord de l'ancienne chapelle du XVIe siècle et la façade Sud de la galerie, reliant l'hôtel de Dunois à l'hôtel de Beaune-Semblançay (cad. DY) : classement par arrêté du 21 octobre 1947
Personnages clés
| Jacques de Beaune - Baron de Semblançay, surintendant des finances |
Commanditaire et unificateur de l’hôtel. |
| Jean de Beaune - Propriétaire initial |
Premier logis attesté en 1468. |
| Louise de Savoie - Mère de François Ier |
Offrit l’hôtel de Dunois en 1517. |
| François Ier - Roi de France |
Créancier de Jacques de Beaune. |
| Laurent Le Blanc, Astremoine Dubois, François Auré - Acquéreurs après 1525 |
Rachètent l’hôtel morcelé. |
| Jésuites - Ordre religieux |
Reconstitution entre 1634 et 1676. |
Origine et histoire
L’hôtel de Beaune-Semblançay, situé dans le Vieux-Tours, est l’un des rares témoignages de l’architecture Renaissance de la ville. Construit entre les XVe et XVIe siècles, il fut commandé par Jacques de Beaune, baron de Semblançay et surintendant des finances sous François Ier. Le bâtiment, classé monument historique en 1941 et 1947, se distingue par ses galeries, sa chapelle et ses façades ornées de pilastres et de frises, bien que partiellement détruit lors des bombardements de 1940.
La construction de l’hôtel s’est déroulée en plusieurs phases non linéaires. Dès 1468, un premier logis est attesté pour Jean de Beaune, hérité par son fils Jacques en 1486. Ce dernier agrandit l’ensemble vers 1506 avec un nouveau logis, puis intègre en 1517 l’hôtel de Dunois, offert par Louise de Savoie. Entre 1518 et 1525, Jacques de Beaune unifie les bâtiments en ajoutant une galerie nord, un pavillon ouest et une chapelle surplombant une galerie sud, donnant à l’hôtel sa forme en « U ».
L’histoire de l’hôtel est marquée par des morcellements et reconstitutions successives. Après l’exécution de Jacques de Beaune en 1525 et la saisie de ses biens, l’hôtel est acquis par des proches avant d’être racheté pièce par pièce par les jésuites entre 1634 et 1676. Ceux-ci y installent un collège et construisent une église, détruite en 1940. Expulsés en 1762, les jésuites cèdent la place aux oratoriens, puis l’hôtel devient un bien privé au XIXe siècle, subissant nouvelles divisions et mutilations.
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant tragique. En juin 1940, un incendie ravage le nord de Tours, détruisant une grande partie de l’hôtel. Les ruines, dégagées lors des déblaiements, révèlent les vestiges encore visibles aujourd’hui : la façade sud de la galerie nord (1518), une galerie à colonnes ioniques supportant la chapelle, et des éléments décoratifs comme des pilastres à losanges d’ardoise. Ces vestiges, isolés après la destruction de l’aile ouest et de son escalier Renaissance, sont désormais protégés.
L’hôtel de Beaune-Semblançay illustre ainsi les vicissitudes d’un patrimoine architectural majeur, tantôt morcelé, reconstitué ou détruit, mais dont les vestiges rappellent encore le faste de la Renaissance tourangelle et le rôle clé de son commanditaire, Jacques de Beaune, figure centrale de la finance royale sous François Ier.