Origine et histoire de l'Hôtel de Beaune-Semblançay
L’hôtel de Beaune-Semblançay, situé dans le Vieux-Tours, est l’un des rares témoignages de l’architecture Renaissance de la ville. Construit entre les XVe et XVIe siècles, il fut commandé par Jacques de Beaune, baron de Semblançay et surintendant des finances sous François Ier. Le bâtiment, classé monument historique en 1941 et 1947, se distingue par ses galeries, sa chapelle et ses façades ornées de pilastres et de frises, bien que partiellement détruit lors des bombardements de 1940.
La construction de l’hôtel s’est déroulée en plusieurs phases non linéaires. Dès 1468, un premier logis est attesté pour Jean de Beaune, hérité par son fils Jacques en 1486. Ce dernier agrandit l’ensemble vers 1506 avec un nouveau logis, puis intègre en 1517 l’hôtel de Dunois, offert par Louise de Savoie. Entre 1518 et 1525, Jacques de Beaune unifie les bâtiments en ajoutant une galerie nord, un pavillon ouest et une chapelle surplombant une galerie sud, donnant à l’hôtel sa forme en « U ».
L’histoire de l’hôtel est marquée par des morcellements et reconstitutions successives. Après l’exécution de Jacques de Beaune en 1525 et la saisie de ses biens, l’hôtel est acquis par des proches avant d’être racheté pièce par pièce par les jésuites entre 1634 et 1676. Ceux-ci y installent un collège et construisent une église, détruite en 1940. Expulsés en 1762, les jésuites cèdent la place aux oratoriens, puis l’hôtel devient un bien privé au XIXe siècle, subissant nouvelles divisions et mutilations.
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant tragique. En juin 1940, un incendie ravage le nord de Tours, détruisant une grande partie de l’hôtel. Les ruines, dégagées lors des déblaiements, révèlent les vestiges encore visibles aujourd’hui : la façade sud de la galerie nord (1518), une galerie à colonnes ioniques supportant la chapelle, et des éléments décoratifs comme des pilastres à losanges d’ardoise. Ces vestiges, isolés après la destruction de l’aile ouest et de son escalier Renaissance, sont désormais protégés.
L’hôtel de Beaune-Semblançay illustre ainsi les vicissitudes d’un patrimoine architectural majeur, tantôt morcelé, reconstitué ou détruit, mais dont les vestiges rappellent encore le faste de la Renaissance tourangelle et le rôle clé de son commanditaire, Jacques de Beaune, figure centrale de la finance royale sous François Ier.