Origine et histoire de l'Hôtel de Belleval
L’hôtel Richer de Belleval, communément appelé hôtel de Belleval, est un édifice inscrit aux monuments historiques situé place de la Canourgue à Montpellier (Hérault). Construit entre 1669 et 1682 par Charles de Boulhac, conseiller à la cour des comptes, il remplace une ancienne habitation de chanoines détruite au XVIIe siècle. Le bâtiment intègre des vestiges médiévaux et se distingue par sa double cour intérieure, une rareté dans l’architecture locale. Sa façade, ornée de pilastres, balcons sculptés et mascarons, reflète l’influence classique de l’époque.
En 1709, le mariage de Gaspard de Belleval avec Élisabeth de Fressieux permet l’acquisition de maisons attenantes, agrandissant l’hôtel. Son fils, Joseph-Philibert de Belleval, hérite du lieu en 1751 et y ajoute des décors intérieurs somptueux, dont des gypseries et fresques signées Jean de Troy ou Jacques-Louis Guigues. L’hôtel abrite aussi des éléments hérités de Pierre Richer de Belleval, médecin botaniste fondateur du Jardin des plantes de Montpellier. Après la Révolution, il devient un bâtiment municipal, servant d’hôtel de ville de 1816 à 1975, avant d’être transformé en annexe du palais de justice jusqu’en 2010.
Racheté par la ville en 2011, l’hôtel est vendu en 2017 à la société Helenis pour une réhabilitation ambitieuse. Classé intégralement monument historique en 2015, il rouvre en 2021 après restauration, abritant un hôtel Relais & Châteaux, un restaurant gastronomique (Le Jardin des Sens), et une fondation d’art contemporain. Les décors historiques, restaurés par l’Atelier de Ricou, côtoient des œuvres contemporaines commandées sous la direction de Numa Hambursin. L’architecture, marquée par des colonnes ajoutées en 1827 pour consolider l’édifice, illustre aujourd’hui un dialogue entre patrimoine et modernité.
L’hôtel de Belleval se singularise par son histoire polyvalente : résidence aristocratique, siège municipal, puis lieu culturel. Ses espaces intérieurs, comme l’ancienne salle des mariages ornée de gypseries Louis XV, ou la voûte peinte représentant une Assomption de la Vierge, témoignent de son prestige passé. La réhabilitation récente, pilotée par le cabinet Philippe Prost en collaboration avec la DRAC Occitanie, a préservé ces éléments tout en les adaptant à un usage contemporain, faisant de ce monument un symbole de la revitalisation du patrimoine montpelliérain.