Frise chronologique
vers 1710
Construction de l'hôtel
Construction de l'hôtel
vers 1710 (≈ 1710)
Commandé par Pierre François Le Viconte, baron de Blangy.
1756–1789
Charge de grand bailli
Charge de grand bailli
1756–1789 (≈ 1773)
Occupée par les descendants Le Viconte de Blangy.
1789
États de la noblesse
États de la noblesse
1789 (≈ 1789)
Participation du marquis de Blangy aux élections.
1816
Vente de l'hôtel
Vente de l'hôtel
1816 (≈ 1816)
Acquis par madame Labbey de la Roque.
1908
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
1908 (≈ 1908)
Devenu propriété du bureau de bienfaisance.
1944
Bombardements
Bombardements
1944 (≈ 1944)
Endommagé lors de la bataille de Caen.
1958
Destruction de l'aile sur rue
Destruction de l'aile sur rue
1958 (≈ 1958)
Remplacée par une maison de retraite.
2002–2003
Protections MH
Protections MH
2002–2003 (≈ 2003)
Inscription des façades, classement des salons.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures (cad. KS 65) : inscription par arrêté du 29 août 2002 - Les deux salons du premier étage avec leur décor ; l'escalier avec sa cage (cad. KS 65) : classement par arrêté du 21 novembre 2003
Personnages clés
| Pierre François Le Viconte, baron de Blangy - Commanditaire |
Fait construire l'hôtel vers 1710. |
| Pierre-Marie-Maximilien Le Viconte - Grand bailli de Cotentin |
Fils du commanditaire, en poste de 1756 à 1787. |
| Marie-Pierre-Maximilien Le Viconte, marquis de Blangy - Dernier grand bailli |
Petit-fils du commanditaire, en poste jusqu'en 1789. |
| Charles-Joseph Natoire - Peintre |
Auteur des allégories du Grand salon. |
| Frères Martin - Artisans-décorateurs |
Auteurs présumés des chinoiseries. |
Origine et histoire
L'hôtel de Blangy, aussi appelé hôtel Marcotte, est un hôtel particulier construit au début du XVIIIe siècle dans le quartier Saint-Jean à Caen. Commandé vers 1710 par Pierre François Le Viconte, baron de Blangy, il est érigé par un architecte nommé Blondel (non précisé). Le bâtiment, en pierre de Caen, s'organise en trois ailes autour d'une cour, avec un grand jardin. Ses façades et toitures, représentatives de l'architecture classique urbaine, sont inscrites aux monuments historiques depuis 2002. Les salons du premier étage et l'escalier, remarquables pour leur décor intérieur (chinoiseries, peintures allégoriques), sont classés depuis 2003.
La famille Le Viconte de Blangy, d'origine chevaleresque et proche de la cour, conserve l'hôtel jusqu'en 1816. Le fils et le petit-fils du commanditaire occupent la charge de grand bailli de Cotentin entre 1756 et 1789. Le marquis de Blangy participe aussi aux États de la noblesse de Caen en 1789 pour les États Généraux. L'hôtel passe ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires, dont madame Labbey de la Roque (1816) et la famille Marcotte (1858), avant d'être acquis en 1908 par le bureau de bienfaisance de Caen. Transformé en dispensaire, crèche et aérium, il subit des dommages lors de la bataille de Caen en 1944.
L'architecture intérieure se distingue par ses deux salons du premier étage. Le Grand salon, orné de chinoiseries inspirées des shanshui mais adaptées au goût français, présente six panneaux attribués aux ateliers des frères Martin. Ces œuvres, restaurées en 1970 puis en 2000, mêlent reliefs en pâte à papier, dorures et peintures sous un vernis caractéristique (vernis Martin). Le décor allégorique, incluant des toiles de Charles-Joseph Natoire et Jean-Baptiste Monnoyer, célèbre les arts (Histoire, Poésie, Peinture). L'escalier, avec son garde-corps en fer forgé aux motifs entrelacés de « F » (pour Blangy), complète cet ensemble classé.
Au XXe siècle, l'hôtel perd une partie de son unité architecturale. L'aile sur rue est détruite en 1958 pour construire une maison de retraite (foyer Victor Priout), tandis que le bâtiment en fond de cour est démoli en 1970 pour une annexe administrative. Malgré ces modifications, le corps de logis principal conserve sa façade classique à trois travées, avec un fronton cintré et des lucarnes à la Mansart. Les reconstructions postérieures (années 1970) tentent partiellement de s'harmoniser avec le style originel, notamment par des lucarnes classiques sur la nouvelle aile.
Aujourd'hui, l'hôtel de Blangy reste propriété du Centre communal d'action sociale (CCAS) de Caen. Bien que partiellement altéré, il témoigne de l'art de vivre aristocratique du XVIIIe siècle en Normandie, alliant influences orientales et tradition française. Ses décors intérieurs, protégés, offrent un rare exemple de chinoiseries conservées in situ, tandis que son histoire reflète les mutations sociales et urbaines de Caen, de l'Ancien Régime à la Reconstruction.