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Hôtel de Bourgogne - Tour Jean-sans-Peur à Paris 1er dans Paris 2ème

Patrimoine classé Hotel particulier classé Tour

Hôtel de Bourgogne - Tour Jean-sans-Peur

  • 20 Rue Étienne-Marcel
  • 75002 Paris
75002 Paris, 20 Rue Étienne-Marcel

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1800
1900
2000
1407
Assassinat de Louis d'Orléans
1409-1411
Construction de la tour
1419
Mort de Jean sans Peur
1866-1868
Redécouverte de la tour
29 septembre 1884
Classement monument historique
1999
Ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean Ier de Bourgogne (Jean sans Peur) - Duc de Bourgogne (1404-1419) Commanditaire de la tour, symbole de son pouvoir.
Louis Ier d'Orléans - Duc d'Orléans, rival de Jean sans Peur Assassiné en 1407, déclenchant la guerre civile.
Charles VI - Roi de France (1380-1422) Son incapacité aggrave les conflits entre factions.
Philippe II de Bourgogne (Philippe le Hardi) - Duc de Bourgogne, père de Jean sans Peur Prédécesseur, en conflit avec Louis d'Orléans.
François Ier - Roi de France (1515-1547) Offrit la tour à Diegue de Mandosse.
Diegue de Mandosse - Propriétaire au XVIe siècle Donataire de la partie orientale du domaine.

Origine et histoire de l'Hôtel Particulier

La tour Jean-sans-Peur, située au 20 rue Étienne-Marcel dans le 2e arrondissement de Paris, fut édifiée entre 1409 et 1411 par Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur. Ce donjon, doté de créneaux et mâchicoulis, symbolisait sa puissance face à ses rivaux, notamment Louis d'Orléans, qu'il avait fait assassiner en 1407. La tour servait aussi d'escalier desservant les ailes de l'hôtel de Bourgogne, aujourd'hui disparu, et offrait une issue discrète vers l'enceinte désaffectée de Philippe Auguste.

Le monument s'inscrit dans un contexte de guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, déclenchée après l'assassinat de Louis d'Orléans. Jean sans Peur, craignant des représailles, renforça sa présence à Paris avec cette tour, qui abritait des chambres de sûreté chauffées et équipées de latrines innovantes pour l'époque. Son fils, Philippe le Bon, héritera de ces tensions avant de s'allier à l'Angleterre après la mort de Jean sans Peur en 1419.

Redécouverte en 1866 lors du percement de la rue Étienne-Marcel, la tour fut classée monument historique en 1884 et restaurée en 1893. Elle abrite aujourd'hui des vestiges remarquables : un escalier à vis inspiré de celui du Louvre de Charles V, des décors végétaux (chêne, houblon, aubépine), et une reconstitution des latrines médiévales, les plus anciennes de Paris. Depuis 1999, elle est ouverte au public.

La tour constituait l'ultime trace de l'hôtel de Bourgogne, construit à la fin du XIIIe siècle par Robert II d'Artois puis hérité par les ducs de Bourgogne. Après la mort de Charles le Téméraire en 1477, François Ier offrit une partie du domaine, incluant la tour, à Diegue de Mandosse — d'où son nom alternatif d’hôtel de Mandosse. L'édifice tomba en désuétude avant sa redécouverte au XIXe siècle.

Son architecture reflète une double fonction : donjon défensif affirmant le pouvoir ducale, et escalier pratique reliant les ailes de l'hôtel et le rempart de Philippe Auguste. Les éléments décoratifs, comme le rabot (emblème de Jean sans Peur opposé à la massue d'Orléans), et les techniques innovantes (latrines intérieures) témoignent de son rôle à la fois politique et domestique dans le Paris médiéval.

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