Frise chronologique
1699-1702
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1699-1702 (≈ 1701)
Bâti par Robert de Cotte pour La Vieuville.
1706
Acquisition par Bruslon
Acquisition par Bruslon
1706 (≈ 1706)
Racheté par Claude Guyhou de Bruslon.
1718
Confiscation par l’État
Confiscation par l’État
1718 (≈ 1718)
Saisi pour malversations de Bourvallais.
1719
Siège de la Chancellerie
Siège de la Chancellerie
1719 (≈ 1719)
Devenu ministère de la Justice.
1793
Incendie partiel
Incendie partiel
1793 (≈ 1793)
Détruit partiellement pendant la Révolution.
1982
Classement monument historique
Classement monument historique
1982 (≈ 1982)
Protection officielle du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Robert de Cotte - Architecte |
Conçoit l’hôtel entre 1699 et 1702. |
| Joseph-Guillaume de La Vieuville - Premier propriétaire |
Marquis commanditaire de la construction. |
| Claude Guyhou de Bruslon - Financier et propriétaire |
Acquiert l’hôtel en 1706. |
| Paul Poisson de Bourvallais - Fermier général |
Propriétaire jusqu’à la confiscation de 1718. |
| Jean-Jacques-Régis de Cambacérès - Ministre de la Justice |
Réside dans l’hôtel en 1799. |
Origine et histoire
L’hôtel de Bourvallais, aussi appelé hôtel de la Grande-Chancellerie, est un ancien hôtel particulier édifié entre 1699 et 1702 par l’architecte Robert de Cotte pour le marquis Joseph-Guillaume de La Vieuville. Situé au no 13 place Vendôme dans le 1er arrondissement de Paris, il est acquis en 1706 par le financier Claude Guyhou de Bruslon, puis passe à son gendre, le fermier général Paul Poisson de Bourvallais. Son architecture classique et son emplacement prestigieux en font un symbole du Paris aristocratique du début du XVIIIe siècle.
En 1718, sous la Régence de Philippe d’Orléans, l’hôtel est confisqué par l’État après la condamnation de Paul Poisson de Bourvallais pour malversations financières. Une chambre de justice extraordinaire, dite « chambre ardente », enquête alors sur les abus des financiers ayant traité avec le Trésor royal. L’hôtel est attribué à la Chancellerie de France par un arrêt du Conseil du roi, marquant le début de sa vocation judiciaire.
Depuis 1719, l’hôtel abrite le ministère français de la Justice, devenant un lieu emblématique du pouvoir judiciaire. Malgré un incendie partiel en 1793, certaines pièces, comme l’ancienne bibliothèque royale transformée en bureau ministériel, subsistent. Le bâtiment, classé monument historique en 1982 et inscrit en 1991, conserve notamment le bureau de Cambacérès et la presse à sceller utilisée pour apposer le sceau de la Constitution.
Mitoyen de l’hôtel de Simiane (no 11) et de l’hôtel de Gramont (no 15, actuel Ritz Paris), l’hôtel de Bourvallais se distingue par son jardin à la française, bordé de rosiers et orné d’un bassin. Son histoire reflète les mutations politiques de la France, de la monarchie absolue à la République, tout en restant un haut lieu de l’administration judiciaire.
Les propriétaires successifs, comme Joseph-Guillaume de La Vieuville ou Paul Poisson de Bourvallais, illustrent les liens entre aristocratie, finance et pouvoir sous l’Ancien Régime. Après sa confiscation, l’hôtel accueille les chanceliers de France jusqu’en 1790, puis les ministres de la Justice, dont Cambacérès en 1799. Aujourd’hui, il reste à la fois un monument patrimonial et un lieu de pouvoir actif.
Devenir actuel
L'hôtel de Bourvallais est devenu depuis sa confiscation en 1718 le siège du ministère français de la Justice.