Origine et histoire
L’hôtel de Boyer de Sorgues, aussi appelé hôtel de Cassagnes, est un monument historique situé à Béziers, dans l’Hérault. Bien que sa période principale soit associée au XVIIe siècle, certaines parties, comme une tour carrée, remontent au moins au XVIe siècle, attestée dès 1561 lors des guerres de Religion. La construction de la demeure actuelle s’échelonne principalement entre 1526 et 1550, sous l’impulsion de Monsieur de Sorgues, qui acquiert et transforme plusieurs maisons adjacentes pour former un vaste hôtel. La porte d’entrée, datée de la fin du XVe siècle, et la tourelle d’escalier polygonale, témoignent de cette période ancienne.
La tourelle, partiellement conservée, aurait été le théâtre d’un événement tragique en 1561 : l’assassinat de Laudun, lieutenant du vicomte de Joyeuse, dans le contexte des guerres de Religion. Cette tour, aujourd’hui réduite en hauteur, présente un escalier en vis et des éléments architecturaux caractéristiques de la fin du Moyen Âge, comme des colonnettes à gâbles et des pinacles. Le passage couvert, orné d’un plafond peint, mène à une cour intérieure organisée en quadrilatère, typique des hôtels particuliers de l’époque.
L’hôtel a connu plusieurs propriétaires et transformations au fil des siècles. Au XVIIe siècle, il accueille des personnalités marquantes, comme le cardinal de Richelieu en 1632, lors de son séjour à Béziers pour les États du Languedoc. Les décors intérieurs, majoritairement restaurés ou ajoutés à la fin du XIXe siècle par l’architecte Viviers, mêlent styles néogothique, néorenaissance et Art nouveau. Parmi les éléments remarquables figurent un vestibule Louis XIII, un salon Louis XV, et une galerie voûtée aux vitraux armoriés de la famille Cavaillé, propriétaire aux XVIIIe et XIXe siècles.
Classé monument historique en 1952 pour son portail, son passage et sa tourelle, l’hôtel illustre l’évolution architecturale et sociale de Béziers, des guerres de Religion à l’époque moderne. Son histoire reflète aussi les liens entre pouvoir local, noblesse et bourgeoisie, à travers ses occupants successifs et leurs réseaux d’influence. Aujourd’hui, il reste un témoignage majeur du patrimoine biterrois, alliant héritage médiéval et embellissements des périodes classiques et éclectiques.