Frise chronologique
1710-1713
Construction initiale
Construction initiale
1710-1713 (≈ 1712)
Bâti par Pierre Bullet pour le marquis de Chantosme.
1719
Rachat par Petit-de-Saint-Lienne
Rachat par Petit-de-Saint-Lienne
1719 (≈ 1719)
Revendu pour financer le château de Renay.
1733-1742
Académie Royale d'équitation
Académie Royale d'équitation
1733-1742 (≈ 1738)
Dirigée par La Guérinière pour la noblesse.
1775
Acquisition par le duc de Brancas
Acquisition par le duc de Brancas
1775 (≈ 1775)
Harmonisation architecturale au XVIIIe siècle.
1881
Division de la parcelle
Division de la parcelle
1881 (≈ 1881)
Perte de l’accès rue Garancière.
1970
Classement partiel
Classement partiel
1970 (≈ 1970)
Façades, toitures, escalier et salons protégés.
2021
Classement total
Classement total
2021 (≈ 2021)
Protection intégrale de l’hôtel et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel de Brancas, en totalité, situé 6 rue de Tournon, y compris les dépendances sur jardin et le sol de la parcelle, le tout situé sur la parcelle n°15, figurant au cadastre section AJ, tel que cerné en rouge sur le plan joint à l'arrêté : classement par arrêté du 25 octobre 2021
Personnages clés
| Pierre Bullet - Architecte |
Conçoit l’hôtel entre 1710 et 1713. |
| Jean-Gaston-Baptiste Terrat - Marquis de Chantosme |
Commanditaire initial et chancelier du Régent. |
| François Robichon de La Guérinière - Écuyer et directeur |
Dirige l’Académie d’équitation (1733-1742). |
| Pierre-Simon de Laplace - Mathématicien et astronome |
Réside dans l’hôtel pendant la Révolution. |
| Duc de Brancas - Propriétaire en 1775 |
Lieutenant général de Provence, réaménage l’hôtel. |
| Jean-Nicolas Pache - Maire de Paris |
Y demeure durant la Révolution. |
Origine et histoire
L'hôtel de Brancas, situé au 6 rue de Tournon dans le 6e arrondissement de Paris, est un hôtel particulier construit entre 1710 et 1713 par l'architecte Pierre Bullet pour Jean-Gaston-Baptiste Terrat, marquis de Chantosme et futur chancelier du Régent. Ce monument, initialement appelé « hôtel de Terrat », reflète l’influence architecturale du début du XVIIIe siècle avec une façade sobre et un portail orné de figures allégoriques représentant la Justice et la Prudence. La distribution intérieure place les appartements nobles à gauche de l’avant-corps central, typique des hôtels particuliers de l’époque.
En 1719, l’hôtel est racheté par le financier Jean-Baptiste Petit-de-Saint-Lienne, premier commis de John Law, avant d’être revendu pour financer l’achat du château de Renay. Entre 1733 et 1742, il abrite l’Académie Royale d’équitation, dirigée par François Robichon de La Guérinière, écuyer renommé qui y enseigne l’art équestre à la noblesse. L’hôtel change ensuite plusieurs fois de mains, passant entre autres au duc de Brancas en 1775, puis accueillant des personnalités comme le mathématicien Pierre-Simon de Laplace pendant la Révolution.
Au XIXe siècle, l’hôtel devient un lieu lié au monde du livre, abritant successivment les libraires Bossange et Masson, puis Henri Loones, avant d’accueillir le Concert Rouge en 1900. Au XXe siècle, une partie des équipes de l’École des hautes études en sciences sociales y est installée entre 1947 et 1980. Classé monument historique en 1970, puis en totalité en 2021, l’hôtel conserve des éléments remarquables comme son escalier, son salon, son boudoir et ses dépendances sur jardin. Aujourd’hui, il abrite encore des habitations privées et l’Institut Français d’Architecture.
L’architecture de l’hôtel, marquée par des réaménagements successifs, combine un corps de logis simple du XVIIe siècle, agrandi en plan en U avec deux ailes latérales, et des harmonisations du XVIIIe siècle sous l’impulsion du marquis de Brancas. Le XIXe siècle voit l’ajout d’ateliers de libraires en fond de jardin et la division de la parcelle en 1881, tandis qu’un bâtiment en brique est ajouté au début du XXe siècle. Malgré ces transformations, l’hôtel n’a jamais été détruit, préservant ainsi des strates historiques variées.