Origine et histoire de l'Hôtel de Campan
L’Hôtel de Campan, situé au 43 rue Saint-Guilhem à Montpellier, est un monument historique dont les origines remontent au début du XVIIe siècle. Vers 1600, il appartenait à Jean Campan, receveur général des décimes, avant d’être profondément remanié en 1760. Cette restauration inclut la construction d’un escalier monumental et la refonte de la façade sur rue, donnant à l’édifice son aspect actuel, caractéristique du 3e quart du XVIIIe siècle. L’immeuble occupe une parcelle en forme de trapèze, avec un vestibule menant à une cage d’escalier spectaculaire, accessible par un arc en anse de panier.
L’escalier, pièce maîtresse de l’hôtel, se distingue par sa structure hélicoïdale complexe et dissymétrique, conçue pour créer une illusion de perspective harmonieuse. Quatre colonnes galbées de style dorique, superposées sur trois étages, supportent des limons en spirale via des chapiteaux cubiques. Le noyau central, de forme ovale aux extrémités inégales, raccorde des palier de longueurs variables (2 à 4 mètres) grâce à des artifices architecturaux ingénieux : décalages de degrés, jeux sur le gironnement, et balèvres aux raccordements. À l’étage supérieur, quatre pilastres maintiennent une rampe en fer forgé ornée de volutes enroulées, assujetties par des bagues plates à des barreaux droits. Cet escalier, inscrit aux Monuments Historiques depuis 1964, illustre le savoir-faire des artisans du XVIIIe siècle.
Bien que l’hôtel soit associé à Jean Campan au XVIIe siècle, sa reconstruction en 1760 efface partiellement les traces de cette période initiale. Le texte source mentionne également Antoine Bonnier, marchand de laine et receveur des tailles au diocèse de Castres, comme propriétaire à partir de 1667, mais les détails de son implication dans la construction restent flous. L’édifice, aujourd’hui protégé pour son escalier et sa rampe en fer forgé, témoigne de l’évolution architecturale montpelliéraine, entre héritage médiéval et innovations classiques. Sa localisation en centre-ville, sur une parcelle exiguë, reflète les contraintes urbaines de l’époque, où l’ingéniosité des architectes permettait de concilier esthétique et fonctionnalité dans des espaces restreints.