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Hôtel de Castries à Paris

Patrimoine classé Hotel particulier classé

Hôtel de Castries à Paris

    72 Rue de Varenne
    75007 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1708
Achat par le marquis de Castries
1761–1762
Transformations du maréchal de Castries
1790
Pillage pendant la Révolution
1843–1863
Restauration par Froelicher et Parent
1957
Classement monument historique
2022–2024
Siège du ministre du Renouveau démocratique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Joseph François de La Croix de Castries - Marquis de Castries Premier propriétaire de la famille Castries.
Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries - Maréchal de France Commanditaire des travaux du XVIIIe siècle.
Edmond de La Croix de Castries - Deuxième duc de Castries Responsable de la restauration du XIXe siècle.
Joseph-Antoine Froelicher - Architecte Dirige les travaux de 1843 à 1863.
Stendhal - Écrivain Décrit l’hôtel dans deux œuvres.

Origine et histoire

L’hôtel de Castries, situé au 72 rue de Varenne dans le 7e arrondissement de Paris, est un hôtel particulier construit à la fin du XVIIe siècle pour Jean Dufour, seigneur de Nogent. Sa structure initiale, typique de l’époque, organise une cour carrée entourée d’un corps central et de deux ailes symétriques, avec des passages menant aux cuisines et aux écuries. Les intérieurs comportent des salons à double exposition, des escaliers en fer forgé et des greniers, reflétant l’architecture résidentielle aristocratique de l’époque.

En 1708, l’hôtel est acquis par Joseph François de La Croix de Castries, marquis de Castries, grâce à l’héritage de son oncle, le cardinal de Bonzi. Le marquis y entreprend des travaux d’embellissement entre 1708 et 1714, incluant l’agrandissement du jardin et des aménagements intérieurs pour 20 000 livres. À sa mort en 1728, l’hôtel est loué au duc de Biron avant de passer, en 1743, à son petit-fils, Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries, futur maréchal de France. Ce dernier, enrichi par l’héritage du maréchal de Belle-Isle en 1761, lance de grands travaux : décoration intérieure par Jacques Verberckt et construction d’un portail sur rue par Jacques-Antoine Payen (1762).

Pendant la Révolution française, l’hôtel est pillé en 1790, saisi comme bien d’émigré et attribué au ministère de la Guerre. Au XIXe siècle, Edmond, deuxième duc de Castries (1787–1866), entreprend une restauration majeure entre 1843 et 1863 sous la direction des architectes Joseph-Antoine Froelicher et Clément Parent. Ces transformations donnent à l’hôtel sa physionomie actuelle. L’hôtel est alors partiellement loué à des familles aristocratiques comme les Clermont-Tonnerre ou les La Rochefoucauld-Liancourt.

Après la mort du deuxième duc en 1866, l’hôtel passe à son neveu, puis est vendu en 1886 à Louise Lebeuf de Montgermont, héritière d’une dynastie industrielle (faïencerie de Creil-Montereau). Au XXe siècle, il est réquisitionné en 1946 pour abriter le ministère de l’Agriculture, puis accueille successivement plusieurs ministères (Fonction publique, Logement, Cohésion des territoires). Classé monument historique en 1957, il reste un lieu politique actif, abritant en 2022–2024 les bureaux du ministre délégué au Renouveau démocratique.

L’hôtel de Castries a également marqué la littérature : Stendhal le décrit dans Le Rouge et le Noir (1830) et Vie de Henry Brulard (1835–1836), où Julien Sorel y évolue. En 2017, sa façade est taguée par des militants pro-migrants, et en 2018–2019, une partie du bâtiment héberge temporairement des sans-abri. Fermé pour rénovation en 2024, il incarne à la fois l’héritage aristocratique et les mutations politiques de la France contemporaine.

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