Origine et histoire de l'Hôtel de Caumont
L’hôtel de Réauville, dit de Caumont, est un hôtel particulier aixois construit entre 1715 et 1742 dans le quartier Mazarin, sur des plans de l’architecte parisien Robert de Cotte, pour François de Rolland, seigneur de Réauville, président à la Cour des comptes. L’édifice, en pierre de Bibémus, incarne l’élégance classique du XVIIIe siècle avec une façade harmonieuse, un portail sculpté, et des intérieurs richement décorés de gypseries et de boiseries. Trois générations de la famille Rolland de Réauville l’occupent avant sa vente en 1758 à la famille Bruny de La Tour-d’Aigues, puis aux Caumont en 1795.
Classé monument historique en 1990, l’hôtel abrite de 1970 à 2013 le Conservatoire Darius Milhaud, considéré comme l’un des plus beaux de France. Rachété par Culturespaces en 2013 pour 10 millions d’euros, il subit une restauration exemplaire (12,6 M€) avant de rouvrir en 2015 sous le nom Caumont Centre d’Art. Le lieu propose depuis des expositions temporaires (Canaletto, Chagall, Botero...), un salon de thé, et des jardins à la française, tout en conservant son mobilier et ses décors d’origine (salons Louis XV, chambre de Pauline de Caumont).
L’architecture allie symétrie classique et détails baroques : un avant-corps central encadré de pilastres, des mascarons sculptés par Adrien Dhuez et Jean-Baptiste Rambot, et une cage d’escalier ornée d’atlantes signés Honoré Gastaud. Les jardins, dessinés selon les principes du XVIIIe siècle, comprennent un bassin circulaire et une fontaine des Trois Tritons. Le sous-sol voûté, les salons aux gypseries dorées (salons des Putti, des Rinceaux), et la chambre de Pauline, avec son lit à la polonaise, témoignent du faste de l’aristocratie aixoise.
L’hôtel illustre aussi les mutations patrimoniales : passé de résidence privée à équipement culturel (conservatoire), puis à espace muséal privé, il incarne la valorisation du patrimoine historique. Sa programmation artistique, mêlant peintres impressionnistes (Sisley, Turner) et icônes populaires (Marilyn Monroe, Yves Klein), attire un public international. Les restaurations ont préservé ses éléments originaux, comme les grilles en fer forgé ou les décors mythologiques, tout en l’adaptant aux normes contemporaines.