Frise chronologique
fin du règne de Louis XVI
Modifications architecturales
Modifications architecturales
fin du règne de Louis XVI (≈ 16)
Remaniement des dispositions intérieures.
vers 1770
Construction initiale
Construction initiale
vers 1770 (≈ 1770)
Par le marquis de Barbençon.
1793-1794
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1793-1794 (≈ 1794)
Confisqué pendant la Révolution.
1799
Acquisition par Mme Tallien
Acquisition par Mme Tallien
1799 (≈ 1799)
Offert par Gabriel Julien Ouvrard.
1840
Propriété des marquis de Chanaleilles
Propriété des marquis de Chanaleilles
1840 (≈ 1840)
Donne son nom actuel à l'hôtel.
17 août 1945
Classement partiel MH
Classement partiel MH
17 août 1945 (≈ 1945)
Façades, toitures, boiseries et jardin protégés.
1956-années 1960
Restauration par Stavros Niarchos
Restauration par Stavros Niarchos
1956-années 1960 (≈ 1958)
Ajout d'une aile moderne et travaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures, sauf l'aile moderne sur les jardins ; les boiseries anciennes et les stucs de la galerie ; les parquets en bois des Iles et le jardin : inscription par arrêté du 17 août 1945
Personnages clés
| Auguste Jean-Louis Antoine du Prat de Barbençon - Marquis de Barbençon |
Commanditaire de la construction vers 1770. |
| Thérésia de Cabarrus (princesse de Chimay) - Ex-Mme Tallien |
Propriétaire en 1799, organisatrice de réceptions. |
| Paul Barras - Homme politique |
Ancien propriétaire après la Révolution. |
| Gabriel Julien Ouvrard - Financier |
Offrit l'hôtel à Mme Tallien. |
| Sosthène de Chanaleilles - Marquis de Chanaleilles |
Donne son nom à l'hôtel en 1840. |
| Stavros Niarchos - Armateur |
Propriétaire en 1956, restaurateur de l'hôtel. |
| Emilio Terry - Décorateur |
Auteur de la rosace en marbre du vestibule. |
Origine et histoire
L'hôtel de Chanaleilles, construit vers 1770 par le marquis de Barbençon, est un hôtel particulier parisien emblématique du XVIIIe siècle. À l'origine, il s'agissait d'une « folie », une demeure de plaisance basse et allongée, entourée de jardins s'étendant jusqu'à la rue de Babylone et au boulevard des Invalides. L'entrée principale se trouvait alors au 186 rue de Babylone. La propriété fut profondément remaniée à la fin du règne de Louis XVI, avec des modifications intérieures et extérieures marquées.
À la Révolution, l'hôtel fut confisqué comme bien national et vendu. Il fut acquis par une loterie gagnée par une vieille demoiselle de province, avant d'être revendu à Paul Barras, figure politique de l'époque. En 1799, le financier Gabriel Julien Ouvrard l'offrit à Thérésia de Cabarrus, princesse de Chimay (ex-Mme Tallien), dont il était épris. Elle y organisa des réceptions fastueuses, accueillant jusqu'à 80 invités. Les intérieurs furent alors transformés, notamment avec l'ajout d'un péristyle à colonnades et d'une salle de bains circulaire en marbre noir, l'une des plus anciennes de Paris.
En 1840, l'hôtel devint la propriété du marquis de Chanaleilles, dont il prit le nom. Au XXe siècle, l'armateur Stavros Niarchos en fit l'acquisition en 1956 et entreprit d'importants travaux de restauration. Une aile moderne fut ajoutée dans les années 1960, tandis que les décors intérieurs, comme les boiseries et les parquets en marqueterie, furent préservés ou restaurés. Aujourd'hui, l'hôtel allie des éléments historiques classés, tels que les façades, les toitures, et les boiseries anciennes, à des ajouts plus récents.
Les jardins, recreusés pour retrouver leur niveau d'origine, sont organisés à la française et entourés de murs treillagés verts. Le rez-de-chaussée, partiellement enterré après les inondations de 1907, abrite des salons somptueux comme le salon blanc aux lambris Directoire, la chambre à coucher aux bas-reliefs, et le grand salon rouge aux colonnes corinthiennes. Ces espaces témoignent des goûts raffinés des propriétaires successifs, mêlant styles Régence, Directoire et restaurations modernes.
Parmi les éléments remarquables, on note le cabinet des antiques, décoré par Emilio Terry avec des colonnes d'ébène et des chapiteaux de bronze, ainsi que le boudoir aux boiseries blanches provenant du Palais Paar de Vienne, où Marie-Antoinette se maria par procuration. Le sol du vestibule, orné d'une rosace en marqueterie de marbre, et les parquets en bois exotiques de la galerie jaune illustrent le luxe des aménagements intérieurs.
Classé partiellement aux monuments historiques depuis 1945, l'hôtel de Chanaleilles incarne l'évolution des demeures aristocratiques parisiennes, des Lumières à l'époque contemporaine, tout en conservant des traces de son passé révolutionnaire et mondain.