Hôtel de Chapelaines à Troyes dans l'Aube

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel de Chapelaines à Troyes

  • 55 Rue de Turenne
  • 10000 Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Hôtel de Chapelaines à Troyes
Crédit photo : Javelefran - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Fin du XIIe siècle
Maison de Clairvaux
1470
Bail emphytéotique
1524
Incendie et reconstruction
1535
Grand hôtel de Clairvaux
1586
Pillage pendant les guerres de religion
1597
Acquisition de la terre de Chapelaines
1628
Héritage de Louis Largentier
1697
Acquisition par François Camusat de Riancey
1774
Hôtel de Loynes
8 février 1814
Conférence impériale
16 juin 1926
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade sur rue et couverture : inscription par arrêté du 16 juin 1926

Personnages clés

Pierre Largentier Teinturier ayant obtenu un bail emphytéotique en 1470.
Nicolas Largentier (II) Fils de Pierre Largentier, fait édifier l'hôtel en pierre après l'incendie de 1524.
Nicolas Largentier (V) Petit-fils de Nicolas Largentier (II), achève les travaux de l'hôtel en 1536.
Nicolas Largentier (VI) Acquiert la terre de Chapelaines en 1597 et donne son nom à l'hôtel.
Louis Largentier Hérite de l'hôtel en 1628 et le dilapide dans des recherches d'alchimie.
François Camusat de Riancey Acquiert l'hôtel en 1697 par retrait lignager.
Marie-Claude Camusat Hérite de l'hôtel et le transmet à sa fille Élisabeth-Louise de Loynes.
Élisabeth-Louise de Loynes Reçoit l'empereur d'Autriche en 1814 et transmet l'hôtel à son fils Jacques-Eugène Paillot-Lemuet.
Louis XIII Roi de France reçu dans l'hôtel en 1629.
François d'Autriche Empereur d'Autriche loge dans l'hôtel en 1814 et y tient une conférence.

Origine et histoire de l'Hôtel de Chapelaines

L'Hôtel de Chapelaine est un hôtel particulier du XVIe siècle situé à Troyes, au 55 rue Turenne ; sa façade sur rue et sa couverture sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 16 juin 1926. Le terrain est occupé depuis le XIIIe siècle par des bouchers, des teinturiers et des drapiers, et appartient en partie aux abbayes de Clairvaux et de Notre‑Dame des Prés ; un égout longeant le mur marque la limite sud. Une « maison de Clairvaux » existerait à cet emplacement dès la fin du XIIe siècle, sur le côté est de la rue de Croncels, non loin de la porte de Croncels. En 1470 l'abbaye de Clairvaux concède par bail emphytéotique des terrains à Pierre Largentier, teinturier, puis en 1473 la famille prend un autre bail auprès de Notre‑Dame des Prés ; ces locations passent en 1487 au fils Nicolas Largentier (II) et à sa femme Babelette Le Tartier. Après le grand incendie de 1524, les baux sont convertis en vente et Nicolas Largentier (II) fait édifier l'hôtel en pierre au numéro 9 de la rue Turenne. En 1535 l'édifice est appelé « Grand hôtel de Clairvaux » et appartient à Nicolas Largentier (V), son petit‑fils, qui s'engage à parachever les travaux ; le gros œuvre paraît achevé dès 1536. La maison revient ensuite à Nicolas Largentier (VI) et à son épouse Marie Le Mairat ; pendant les troubles des guerres de religion, la demeure est pillée en 1586, puis le propriétaire est dédommagé par le roi. Enrichi et devenu seigneur de plusieurs terres, il achète en 1597 la terre de Chapelaines à Vassimont et y fait construire un château ; la maison de la rue Turenne prend alors le nom de Chapelaines. À la mort de sa mère en 1628, l'hôtel passe à Louis Largentier, qui dilapide sa fortune dans des recherches d'alchimie ; sa succession entraîne la saisie et la vente de la propriété pour 14 300 francs. L'hôtel passe ensuite, par divers actes et héritages, à Louis de La Fertey, à Edmée Denise puis, après une acquisition par retrait lignager opérée par François Camusat de Riancey en 1697, aux héritiers Jean Camusat de Riancey et Marie‑Claude Camusat, épouse de François‑Joseph de Loynes. En 1774 Marie‑Claude Camusat, devenue veuve, habite l'hôtel alors appelé hôtel de Loynes ; il est transmis à Élisabeth‑Louise de Loynes, qui y reçoit l'empereur d'Autriche le 8 février 1814, puis à son fils Jacques‑Eugène Paillot‑Lemuet. Lors de la transformation de la grande pièce principale en appartements, antérieure à 1853, la cheminée est transférée au musée Saint‑Loup dans la section des arts décoratifs. En 1889 l'hôtel appartient encore aux descendants de Jacques‑Eugène Paillot. Le roi Louis XIII est reçu dans l'hôtel du 23 au 26 janvier 1629 par Louis Largentier et sa femme Marguerite d'Aloigny, choix de logis lié à une affirmation politique de sa préséance locale. L'empereur François d'Autriche loge le 8 février 1814 et y tient une conférence avec le roi de Prusse et le tsar Alexandre I er, où ils décident de ne plus traiter avec Napoléon. La façade présente de nombreuses fenêtres sculptées et une balustrade de style Renaissance ; elle est construite en ligne brisée et divisée en cinq parties par des pilastres, les intervalles de l'étage étant remplis de fenêtres entourées de colonnettes et surmontées de frontons triangulaires et de vases. Le couronnement est une balustrade divisée par des piédestaux ornés de vases cannelés et couverts ; à l'angle sud‑ouest, au niveau du premier étage, se remarque une niche Renaissance avec cul‑de‑lampe et clocheton sculpté à jour, et du côté des combles deux grandes gargouilles à tête monstrueuse. Au rez‑de‑chaussée, la porte est flanquée de pilastres ; la travée gauche conserve une fenêtre grillée tandis que la travée droite a été partiellement aménagée en boutique et qu'une des fenêtres y a été transformée en porte. Fichot donne une description plus détaillée de l'ensemble et signale une belle cheminée datée de 1541.

Liens externes