Origine et histoire de l'Hôtel de Faillonnet
L’Hôtel de Faillonnet, situé à Saint-Mihiel dans le Grand Est, est un monument emblématique de la Renaissance, construit en 1554 comme l’atteste une date gravée sur une gargouille centrale. Sa façade sur rue, en pierre de taille, s’étend sur 7 travées (21 mètres) et présente un décor raffiné, avec des modillons et des pilastres. Les quatre travées centrales, datées de 1554, semblent antérieures aux trois autres, suggérant une construction en deux phases rapprochées. La corniche à modillons et l’absence de cave sous les travées latérales renforcent cette hypothèse. Le commanditaire reste inconnu, mais l’analyse architecturale révèle une unité stylistique typique du milieu du XVIe siècle.
Au XVIIIe siècle, l’hôtel est remanié par ses propriétaires, des juristes influents : les maîtres Jannot et Rouvrois (ce dernier étant vice-président du Tribunal). Ces travaux incluent le repercement de la façade postérieure, la reconstruction des communs en fond de cour, et un réaménagement intérieur du logis. L’hôtel passe ensuite, au XIXe siècle, entre les mains du baron de Faillonnet, maire de Saint-Mihiel de 1814 à 1815, puis à son gendre, Nicolas de la Cour, maître des requêtes au Conseil d’État. Ces transformations reflètent l’adaptation du bâtiment aux besoins résidentiels et sociaux des élites locales à travers les siècles.
L’Hôtel de Faillonnet se compose d’un logis sur rue, d’une cour, de communs et d’un jardin en terrasses. Classé Monument Historique, il est protégé pour ses façades et toitures (1994), ainsi que pour l’ensemble de ses bâtiments et son jardin (1991). La façade Renaissance, avec ses gargouilles zoomorphes et son cuir sculpté en forme d’écu, témoigne d’un savoir-faire artistique remarquable. Les modifications ultérieures, notamment au XVIIIe siècle, illustrent l’évolution des goûts et des usages, tout en préservant l’identité architecturale d’origine.
La localisation de l’hôtel, au 3 rue Raymond-Poincaré (anciennement rue de la Vau), dans le département de la Meuse, en fait un élément clé du patrimoine urbain de Saint-Mihiel. Son état de conservation et sa précision géographique (notée 8/10) en facilitent l’étude et la valorisation. Les éléments protégés incluent le corps de logis, la cour, les communs et le jardin, offrant un exemple complet d’hôtel particulier lorrain alliant fonction résidentielle et prestige architectural.
Les gargouilles zoomorphes de la façade, outre leur rôle ornemental, rappellent les influences artistiques de la Renaissance, mêlant symbolisme et esthétique. La date de 1554, gravée entre les pattes de la gargouille centrale, constitue un marqueur chronologique précieux, tandis que l’absence d’archives sur le commanditaire initial laisse planer un mystère sur les origines exactes de l’édifice. Les transformations des XVIIIe et XIXe siècles, documentées par les propriétaires successifs, éclairent cependant son histoire sociale et juridique.
Aujourd’hui, l’Hôtel de Faillonnet incarne à la fois un témoignage de l’architecture civile de la Renaissance et un palimpseste des époques ultérieures. Son classement et son inscription au titre des Monuments Historiques soulignent son importance patrimoniale, tandis que sa structure — logis, cour, communs et jardin — reflète l’organisation spatiale caractéristique des hôtels particuliers de l’époque moderne. Son histoire, marquée par des figures locales comme Rouvrois ou le baron de Faillonnet, s’inscrit dans celle de Saint-Mihiel et de la Lorraine.