Origine et histoire de l'Hôtel de Flottes de Sébazan
L’Hôtel de Flottes de Sébazan, situé à Pézenas, est un édifice dont la construction initiale remonte aux premières décennies du XVIe siècle, probablement à partir d’un bâtiment préexistant. Les vestiges les plus anciens, comme une salle voûtée d’ogives et une niche datée de 1511, témoignent de cette période. L’édifice d’origine, de grandes dimensions, comportait une cour, un ciel-ouvert et une écurie, mais seule une partie subsiste aujourd’hui, notamment une allée d’accès à la cour disparue, avec ses voûtes gothiques et l’emplacement d’un escalier médiéval en équerre.
Au XVIIIe siècle, l’hôtel subit une transformation majeure, notamment par Joseph Mathebiau après 1754, qui reconstruit entièrement la façade sur la rue Alfred-Sabatier. Cette façade, de style classique, se distingue par une grande porte en arc surbaissé, des agrafes sculptées et des garde-corps en fer forgé d’une qualité remarquable, notamment celui du balcon central. L’ordonnance du XVIIIe siècle intègre aussi des balcons galbés et des clefs sculptées, contrastant avec les éléments gothiques conservés, comme l’édicule d’angle orné de motifs flamboyants (anges porte-armoiries, choux frisés) et d’influences italianisantes (grotesques, coquilles, perles).
L’histoire de l’hôtel est marquée par des changements de propriétaires influents. Attribuée initialement à Robert de Gleizes en 1518, la demeure passe en 1580 à Jean de Flottes de Sébasan par son mariage avec Marie de Gleizes. En 1658, elle est acquise par les frères Pierre et Guillaume de Sarret, conseillers à la cour des comptes de Montpellier, avant de revenir en 1675 à la famille de Flottes de Sébasan. Au milieu du XVIIIe siècle, l’hôtel est divisé en deux parcelles distinctes après des acquisitions successives, notamment par le notaire Pierre Annequin (1749) et le négociant Joseph Mathebiau (1754). Aujourd’hui, la niche d’angle abrite une statue de Saint Roch en plâtre, sculptée par Relin, un artiste local.
Les éléments protégés de l’hôtel, inscrits aux Monuments Historiques depuis 1944, incluent la façade et la toiture sur rue. Le bâtiment illustre ainsi l’évolution architecturale entre Moyen Âge et époque moderne, alliant héritage médiéval et transformations classiques. La précision de sa localisation reste cependant médiocre (niveau 5/10), selon les sources disponibles.