Frise chronologique
début XVIIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
début XVIIIe siècle (≈ 1804)
Par Adrien Morel ou son fils
1808
Mariage de Rose Julie Hüe
Mariage de Rose Julie Hüe
1808 (≈ 1808)
Avec Michel Bauquet de Grandval
milieu XVIIIe siècle
Agrandissement du pavillon
Agrandissement du pavillon
milieu XVIIIe siècle (≈ 1850)
Par Anthenor-Louis Hüe de Caligny
1872-1887
Séjour de Barbey d’Aurevilly
Séjour de Barbey d’Aurevilly
1872-1887 (≈ 1880)
Écriture des *Diaboliques* (1874)
21 septembre 1982
Protection monument historique
Protection monument historique
21 septembre 1982 (≈ 1982)
Façades, toitures, terrasse et escalier
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rue, cour et jardin ; mur de la cour avec ses deux étages de balustrade ; escalier intérieur avec sa rampe en fer forgé (cad. AO 270, 271) : inscription par arrêté du 21 septembre 1982
Personnages clés
| Adrien Morel (1630-1694) - Écuyer, sieur de Saint-Cyr |
Constructeur présumé de l’hôtel |
| Adrien Morel de Courcy (1670-1752) - Gouverneur de Valognes |
Fils d’Adrien Morel, possible constructeur |
| Anthenor-Louis Hüe de Caligny - Gendre d’Adrien Morel de Courcy |
Agrandit l’hôtel vers 1750 |
| Rose Chrétienne d’Aubigny - Épouse d’Anthenor Guillaume Hüe |
Organisatrice de la loge maçonnique féminine |
| Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) - Écrivain normand |
Résida et écrivit *Les Diaboliques* |
| Michel Bauquet de Grandval - Époux de Rose Julie Hüe |
Donne son nom à l’hôtel |
Origine et histoire
L’hôtel de Grandval-Caligny, construit au début du XVIIIe siècle à Valognes, est attribué à Adrien Morel (1630-1694), écuyer et sieur de Saint-Cyr, ou à son fils Adrien Morel de Courcy (1670-1752), gouverneur de la ville. Ce dernier, puis son gendre Anthenor-Louis Hüe de Caligny, agrandissent l’hôtel vers 1750 en y ajoutant un pavillon latéral. La famille Hüe de Caligny, liée à la franc-maçonnerie locale, y réside jusqu’à la fin du XIXe siècle, marquant l’histoire du lieu par des drames familiaux et des alliances notables, comme le mariage de Rose Julie Hüe avec Michel Bauquet de Grandval en 1808.
Entre 1872 et 1887, l’écrivain Jules Barbey d’Aurevilly occupe un appartement au premier étage, où il finalise Les Diaboliques (1874) et reçoit des personnalités comme le violoniste Armand Royer ou l’abbé Lefoulon. Son séjour est marqué par des objets emblématiques, comme son poêle en faïence ou le « Buste-Jaune » posé sur la cheminée monumentale. L’hôtel, vendu en 1877 à M. Le Maréchal (propriétaire du Grand Hôtel du Louvre voisin), est ensuite morcelé au XXe siècle entre plusieurs acquéreurs, dont la famille Fauvel pour le bâtiment principal.
Architecturalement, l’hôtel illustre le modèle classique des hôtels particuliers, avec un corps de logis à pilastres, une cour d’honneur bordée d’une terrasse à double balustrade « à l’italienne » (rare en France), et un escalier intérieur en pierre doté d’une rampe en fer forgé. Ces éléments, ainsi que les façades et toitures, sont protégés depuis 1982 au titre des monuments historiques. La déclivité du terrain explique l’asymétrie entre les trois niveaux côté cour et l’étage unique côté jardin, reflétant l’adaptation du bâti à son environnement.
La postérité de l’hôtel est aussi liée à son rôle dans la vie mondaine et intellectuelle de Valognes. La loge maçonnique féminine, dite « d’adoption », s’y réunit sous l’égide de Rose Chrétienne d’Aubigny, épouse d’Anthenor Guillaume Hüe de Caligny. Deux de leurs enfants meurent lors des guerres napoléoniennes, rappelant les bouleversements historiques qui traversent la famille. Aujourd’hui, le nom Grandval-Caligny perpétue la mémoire de ses anciens propriétaires, tandis que la présence de Barbey d’Aurevilly en fait un lieu littéraire majeur de Normandie.