Origine et histoire de l'Hôtel de l'Académie
L'Hôtel Despringles, aussi appelé Hôtel de l'Académie de Dijon, est un hôtel particulier construit entre 1662 et 1675 par Guillaume Despringles, greffier des États de Bourgogne. Situé dans le secteur sauvegardé de Dijon, rue Monge (anciennement rue Crébillon), il illustre le style classique du XVIIe siècle. Son décor intérieur, notamment le salon d'apparat orné de bas-reliefs en stuc imitant le marbre, fut réalisé par le sculpteur Guillaume Boichot sur commande de Guyton de Morveau, reflétant le faste des élites bourguignonnes de l’époque.
En 1773, l’Académie de Dijon acquiert l’hôtel, mais la Révolution française entraîne sa suppression en 1793 et la séquestration de ses biens. Rétablie en 1798 sous le nom de Société libre des sciences, arts et agriculture, elle cohabite avec l’Université de Dijon à partir de 1809, après que ses biens lui furent attribués par un décret impérial de 1808. Un conflit juridique oppose les deux institutions jusqu’en 1846, date à laquelle l’Académie est expulsée. L’université, en pleine expansion, transforme alors le bâtiment pour accueillir les facultés de sciences et de lettres.
Entre 1843 et 1888, l’hôtel subit d’importants agrandissements dirigés par les architectes François Papinot et Ludovic Allaire, ajoutant amphithéâtres, laboratoires et salles de collection. Ces extensions, de style éclectique, répondent à la croissance des effectifs étudiants. La faculté des lettres quitte les lieux en 1920, suivie par les sciences en 1957, lors de leur transfert vers le campus Montmuzard. Le rectorat y reste jusqu’en 2012, avant de déménager dans un nouveau bâtiment. Classé monument historique en 1994, l’hôtel est aujourd’hui partiellement reconverti en logements, tandis que sa Salle des Actes reste accessible pour des événements.
Le bâtiment incarne ainsi près de quatre siècles d’histoire, mêlant patrimoine aristocratique du XVIIe siècle, héritage académique des Lumières, et adaptations universitaires des XIXe et XXe siècles. Son architecture, marquée par des ajouts successifs, témoigne de l’évolution des besoins éducatifs et culturels en Bourgogne-Franche-Comté.