Frise chronologique
1740–1742
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1740–1742 (≈ 1741)
Résidence du vicomte de La Belinaye
13 avril 1751
Naissance de La Rouërie
Naissance de La Rouërie
13 avril 1751 (≈ 1751)
Héros américain et breton
3 février 1928
Protection MH
Protection MH
3 février 1928 (≈ 1928)
Façade sur jardin inscrite
1958–2009
Tribunal d’Instance
Tribunal d’Instance
1958–2009 (≈ 1984)
Affection judiciaire permanente
2012
Juridiction Fougères-Vitré
Juridiction Fougères-Vitré
2012 (≈ 2012)
Nouvelle affectation judiciaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur jardin (cad. AC 102) : inscription par arrêté du 3 février 1928
Personnages clés
| Vicomte de La Belinaye - Commanditaire |
Propriétaire et constructeur de l’hôtel |
| Armand Tuffin de La Rouërie - Figure historique |
Né dans l’hôtel, héros breton |
| Thérèse de La Belinaye - Mère de La Rouërie |
Résidait dans l’hôtel |
| Jacques V Gabriel - Architecte inspirant |
Modèle pour la façade concave |
Origine et histoire
L'Hôtel de la Belinaye, construit entre 1740 et 1742 à Fougères (Ille-et-Vilaine), est un hôtel particulier d’architecture classique commandé par le vicomte de La Belinaye. Il remplace un éperon défensif protégeant autrefois la Porte Roger, l’une des entrées médiévales de la ville. Le bâtiment, édifié en granite, combine moellons et pierre de taille pour les encadrements, reflétant le prestige de son propriétaire, également seigneur des châteaux de La Belinaye et de Bois-le-Houx.
La façade principale, initialement tournée vers le jardin, s’inspire de l’Hôtel-de-Ville de Rennes par sa forme concave et ses chaînages en granite. À l’intérieur, la distribution a été modifiée au XIXe siècle pour accueillir le Tribunal d’Instance (1958–2009), puis la juridiction de Fougères-Vitré depuis 2012. Le rez-de-chaussée semi-enterré, éclairé par des soupiraux, soutient une terrasse accessible par deux escaliers, tandis que le fronton circulaire, autrefois orné d’armoiries, couronne l’ensemble.
L’hôtel est célèbre pour être le lieu de naissance d’Armand Tuffin de La Rouërie (13 avril 1751), héros de la guerre d’Indépendance américaine et figure de la conjuration bretonne. Sa mère, Thérèse de La Belinaye, y résidait. Après la Révolution, le bâtiment devient un tribunal, rôle qu’il conserve encore aujourd’hui. Seule la façade sur jardin est protégée aux Monuments Historiques depuis le 3 février 1928, témoignant de son importance patrimoniale.
Architecturalement, la façade arrière (devenue principale) présente trois étages en moellons de granite, avec un corps central saillant encadré de colonnes toscanes. Le toit en croupe et la gerbière, ornée d’un cadran d’horloge, ajoutent à son caractère monumental. L’utilisation de l’enduit pour les surfaces planes contraste avec les éléments structurants en pierre de taille, créant un équilibre entre sobriété et raffinement.
Situé 5 Place Aristide Briand (ancienne Place d’Armes), l’hôtel donne son nom à la Rue du Tribunal. Son histoire reflète les transformations urbaines de Fougères, passant d’une résidence aristocratique à un symbole judiciaire. La conversion en tribunal a altéré sa distribution interne, mais la façade sur jardin, chef-d’œuvre du XVIIIe siècle, reste un témoignage exceptionnel de l’architecture classique bretonne.
Devenir actuel
Tribunal d'Instance puis de Grande Instance de 1958 à 2009, par suite du rétablissement d'un Tribunal d'Instance à Fougères1, il abrite depuis le 1er janvier 2012 la juridiction d'exception de premier degré pour le nouvel Arrondissement de Fougères-Vitré.