Protection de la porte monumentale 17 mars 1931 (≈ 1931)
Inscription aux monuments historiques.
11 mars 1933
Protection de la façade
Protection de la façade 11 mars 1933 (≈ 1933)
Classement partiel du bâtiment.
1935
Destruction partielle
Destruction partielle 1935 (≈ 1935)
Construction de l’hôpital Sainte-Croix.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte monumentale, vantaux compris : inscription par arrêté du 17 mars 1931 ; Façade : inscription par arrêté du 11 mars 1933
Personnages clés
Lacour - Habitant et marchand de vin
Occupant au XVIIe siècle.
Ledoyen - Habitant et marchand de vin
Stockait ses fûts dans les caves.
Origine et histoire
L’hôtel de la Bulette, aussi appelé hôtel de la Bulle, est un édifice gothique érigé au XIVe siècle dans le quartier de la vieille ville de Metz, place Sainte-Croix. Il incarne l’essor architectural lié à la richesse de la bourgeoisie messine, qui fait de la cité une république oligarchique prospère entre les XIIIe et XIVe siècles. Avec près de 30 000 habitants, Metz devient alors la plus grande concentration urbaine de Lorraine, tirant sa puissance de ses foires animées et de sa monnaie, acceptée dans toute l’Europe. Cet hôtel particulier, parmi d’autres construits à la fin du Moyen Âge, témoigne de cette opulence.
La structure d’origine conserve des éléments gothiques comme des fenêtres à l’attique, des créneaux et des échauguettes. Au Moyen Âge, le bâtiment abrite l’administration de la Bulette, un droit fiscal prélevé sur les actes fonciers (mutations, engagements ou jouissances de propriétés). Il est ensuite habité par des notables comme Lacour et Ledoyen, marchands de vin stockant leurs fûts dans les caves voûtées. Au XVIe siècle, il sert brièvement de prison avant d’être remanié au XVIIe siècle, avec l’ajout d’un portail baroque.
Au XXe siècle, l’hôtel subit une destruction quasi totale en 1935 lors de la construction de l’hôpital Sainte-Croix. Seuls subsistent la couronne de créneaux, les échauguettes latérales, la rangée supérieure de fenêtres et le portail du XVIIe siècle (déplacé rue des Récollets). Les caves voûtées disparaissent définitivement. La porte monumentale (avec ses vantaux) et la façade sont cependant protégées par des inscriptions aux monuments historiques en 1931 et 1933, préservant ainsi une trace de ce patrimoine.
Le contexte historique révèle une Metz médiévale dynamique, où la bourgeoisie, enrichie par le commerce et les foires, investit dans des hôtels particuliers symboles de pouvoir. La Bulette, droit fiscal spécifique, illustre l’organisation administrative complexe de la cité, tandis que les remaniements ultérieurs (XVIIe et XXe siècles) reflètent les adaptations successives du bâtiment aux besoins changeants, entre usage privé, public et hospitalier.