Origine et histoire de l'Hôtel de la Louvre
L’hôtel de la Louvre, aussi appelé hôtel de La Noue, est un édifice emblématique du centre-ville historique de Rennes, en Ille-et-Vilaine. Construit en 1659, il s’inscrit dans la vague des hôtels particuliers érigés par les parlementaires bretons au XVIIe siècle, marquant l’essor architectural et politique de la ville. Sa localisation, au 26 place des Lices et 21 rue Saint-Louis, en fait un voisin direct de l’hôtel Racapé de La Feuillée, soulignant son ancrage dans un quartier prestigieux.
L’édifice, de style sobre, combine pierre et pans de bois sans encorbellement, une caractéristique rare pour l’époque. Sa façade sud, principale, donne sur la place des Lices, tandis que sa façade nord, secondaire, ouvre sur la rue Saint-Louis. Le bâtiment a miraculeusement échappé à l’incendie dévastateur de 1720 qui ravagea une grande partie de Rennes, préservant ainsi son intégrité architecturale originale.
Classé monument historique le 22 octobre 1962, l’hôtel de la Louvre se distingue par des éléments remarquables : une porte d’entrée encadrée de pilastres doriques cannelés, surmontée d’un fronton triangulaire percé d’un œil-de-bœuf, et une lanterne à deux étages coiffant la cage d’escalier. Ces détails reflètent l’influence classique naissante dans l’architecture bretonne du XVIIe siècle, tout en conservant des techniques constructives traditionnelles comme le pan de bois.
Les espaces intérieurs, bien que partiellement documentés, incluent un escalier à balustres, élément central de la distribution des étages. Le toit, typique des demeures aristocratiques de l’époque, est agrémenté de souches de cheminées monumentales, aujourd’hui protégées au titre des monuments historiques. L’édifice témoigne ainsi du mode de vie des élites parlementaires rennaises, mêlant fonction représentative et confort domestique.
Aujourd’hui, l’hôtel de la Louvre reste un symbole du patrimoine rennais, accessible depuis la place des Lices, cœur historique de la ville. Son classement couvre les façades, les toitures, les souches de cheminées et l’escalier intérieur, soulignant son importance patrimoniale. Bien que les informations sur son usage actuel (visites, location) soient fragmentaires, son état de conservation et sa localisation en font un lieu incontournable pour comprendre l’urbanisme et l’architecture de la Bretagne du Grand Siècle.