Origine et histoire de l'Hôtel de la Princerie
L’Hôtel de la Princerie, situé à Verdun dans le département de la Meuse, était à l’origine la résidence du princier (ou primicier), premier archidiacre de la cathédrale Notre-Dame et plus haut dignitaire du diocèse après l’évêque. Cette charge, créée au IVe siècle, fut supprimée en 1385 par le pape après la mort de son dernier titulaire, mais le bâtiment conserva son nom. Le rôle du princier, devenu trop influent aux yeux du chapitre, marqua durablement l’histoire religieuse locale, bien que la fonction disparût avant la reconstruction de l’hôtel.
En 1525, les frères Jacques et François de Musson, riches chanoines de la cathédrale, entreprirent une reconstruction complète de l’hôtel dans le style Renaissance. Ce chantier marqua un tournant architectural, intégrant des éléments comme une cour intérieure, un jardin, et une galerie à deux niveaux inspirée des cloîtres. Un petit oratoire gothique, destiné aux prières, rappela la vocation religieuse des commanditaires. L’hôtel devint ainsi un symbole du mélange entre pouvoir ecclésiastique et raffinement artistique de l’époque.
Gravement endommagé lors de la Première Guerre mondiale par des bombardements allemands, l’hôtel fut racheté en 1926 par la ville de Verdun. Après une campagne de restauration, il accueillit en 1932 le musée de la Princerie, dédié à l’art et à l’histoire locale, depuis la Préhistoire jusqu’au XXe siècle. Classé monument historique le 3 février 1921, il incarne aujourd’hui la résilience du patrimoine verdunois et lorrain.
Le musée abrite des collections variées : sculptures médiévales (dont un peigne liturgique en ivoire du XIIe siècle), artefacts gallo-romains, mobilier lorrain, et œuvres liées à l’histoire militaire de Verdun, notamment la guerre franco-prussienne de 1870. La cour intérieure expose des pierres tombales gallo-romaines et des taques de cheminées des XVIe–XIXe siècles, tandis que le jardin présente des sarcophages mérovingiens. Depuis 2003, le musée bénéficie du label Musée de France, garantissant la conservation et la valorisation de ses collections.
L’architecture de l’hôtel, située 16 rue de la Belle-Vierge, mêle héritage religieux et élégance Renaissance. La rue tire son nom d’une statuette de la Vierge autrefois placée au-dessus de l’entrée. Le bâtiment, avec son cloître et son oratoire, illustre l’influence durable de l’Église sur l’urbanisme verdunois, tout en témoignant des destructions et reconstructions liées aux conflits du XXe siècle.