Frise chronologique
1280–1330
Construction initiale
Construction initiale
1280–1330 (≈ 1305)
Édifié par Bernard Raymond, achevé par Pierre Stephani.
1349
Transformation défensive
Transformation défensive
1349 (≈ 1349)
Fermeture des arcades pendant la guerre de Cent Ans.
1440
Restauration post-guerre
Restauration post-guerre
1440 (≈ 1440)
Rebâtiment de l’aile est par les Stephani.
1531
Division et vente
Division et vente
1531 (≈ 1531)
Partage entre bourgeois locaux (del Verger, Limars).
1906
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1906 (≈ 1906)
Protection de l’édifice et début des restaurations.
1970–2012
Campagnes de restauration
Campagnes de restauration
1970–2012 (≈ 1991)
Rénovation des arcades, fenêtres et échauguettes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel de Ville (ancien hôtel de la Raymondie) (cad. BC 308) : classement par arrêté du 16 octobre 1906 ; Façades sur rue et sur cour de la partie de l'ancien hôtel de la Raymondie donnant sur la rue de Senlis (cad. BC 307) : classement par arrêté du 21 octobre 1926 ; Parties de l'ancien hôtel située sur la place du Marché et sur la rue Tournemire : inscription par arrêté du 9 décembre 1926
Personnages clés
| Bernard Raymond (ou Raymundi) - Receveur général des tailles |
Commanditaire initial, accusé de détournement de fonds royaux. |
| Pierre Stephani - Seigneur de Bétaille et Gigouzac |
Acheva la construction vers 1330 et ajouta le beffroi. |
| Louise Raymond - Fille de Bernard Raymond |
Épousa Pierre Stephani, transmettant la propriété. |
| Jean-Pierre de Pascal - Bailli de Creysse |
Dernier propriétaire privé avant la Révolution. |
| Henri Ramet - Historien local |
Auteur d’une étude majeure sur la Raymondie (1920). |
Origine et histoire
L’hôtel de la Raymondie, aussi appelé palais de la Raymondie, est un édifice médiéval situé à Martel, dans le Lot (Occitanie). Construit entre 1280 et 1330 à l’initiative de Bernard Raymond (ou Raymundi), receveur général des tailles pour le roi de France, il illustre l’architecture civile du XIVe siècle. Son plan pentagonal irrégulier, ses échauguettes et son beffroi en font un exemple rare d’hôtel urbain fortifié, conçu pour abriter commerces au rez-de-chaussée et résidences à l’étage.
L’édifice fut achevé vers 1330 par Pierre Stephani, gendre de Bernard Raymond, qui ajouta l’aile nord et le beffroi. Pendant la guerre de Cent Ans (1349), les consuls de Martel le transformèrent en refuge défensif pour les habitants, fermant les arcades commerciales. Endommagé, il fut restauré après 1440 par les Stephani, qui rétablirent les activités commerciales au rez-de-chaussée. Au XVIe siècle, il passa à la famille Rollat par mariage, puis fut divisé et vendu à des bourgeois locaux (del Verger, Limars, Salvat) en 1531.
Devenu propriété municipale après la Révolution, l’hôtel servit d’école, de justice de paix et abritait des commerces. Classé Monument Historique en 1906, il fit l’objet de campagnes de restauration majeures aux XXe et XXIe siècles, notamment pour ses arcades Renaissance, ses fenêtres à meneaux et ses échauguettes. Aujourd’hui, il abrite l’hôtel de ville et le musée d’Uxellodunum, dédié à l’histoire gallo-romaine de la région.
L’architecture de la Raymondie révèle une dualité entre fonctions civiles et militaires. Ses 11 arcades sud et 7 arcades ouest, initialement prévues avec un auvent, témoignent de son rôle commercial. Les façades sud et ouest, ornées de fenêtres à croisées et quadrilobes, contrastent avec les élévations nord et est, presque aveugles. La cour intérieure, bordée de galeries en bois disparues, conservait un puits et un escalier à vis ajouté au XVIe siècle.
Parmi les éléments remarquables, deux cheminées du XVIIe siècle et une peinture monumentale du XVIe siècle, découverte lors de travaux, sont classées. Le mobilier inclut une Crucifixion classée en 1904 et un tableau d’Henri Rousseau (Les Oliviers à Sfax, 1902). Les restaurations successives (1928–1948, 1961–1967, 2012) ont permis de préserver ses caractéristiques médiévales et Renaissance, tout en adaptant l’édifice à ses usages contemporains.