Frise chronologique
1732
Construction initiale
Construction initiale
1732 (≈ 1732)
Bâti par Jean-Sylvain Cartaud pour Gérard Heusch de Janvry.
1778
Fin du bail emphytéotique
Fin du bail emphytéotique
1778 (≈ 1778)
Locataires successifs : prince de Lorraine, famille Boisgelin.
1792
Saisie comme bien d’émigré
Saisie comme bien d’émigré
1792 (≈ 1792)
Attribué aux Hospices de Paris.
1807
Vente au comte de Préameneu
Vente au comte de Préameneu
1807 (≈ 1807)
Ancien rédacteur du Code Civil.
1876
Transformation par le duc de Bisaccia
Transformation par le duc de Bisaccia
1876 (≈ 1876)
Travaux dirigés par Henri Parent.
1938
Installation de l’ambassade d’Italie
Installation de l’ambassade d’Italie
1938 (≈ 1938)
Échange avec le palais Farnèse à Rome.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades sur cour et sur jardin ; l'escalier ; la décoration de l'antichambre, du petit salon au rez-de-chaussée, de la galerie, de la salle à manger, du grand salon et du petit salon du premier étage : inscription par arrêté du 11 juin 1926
Personnages clés
| Jean-Sylvain Cartaud - Architecte |
Conçoit l’hôtel en 1732. |
| Gérard Heusch de Janvry - Premier propriétaire |
Secrétaire du Roi, commanditaire. |
| Raymond de Boisgelin - Archevêque et cardinal |
Propriétaire en 1782, futur cardinal. |
| Henri Parent - Architecte |
Transforme l’hôtel en 1876. |
| Duc de Bisaccia - Propriétaire et mécène |
Ajoute escalier, boiseries, décors. |
| Adolfo Loewi - Décorateur |
Aménage salle à manger et théâtre (XXe siècle). |
Origine et histoire
L’hôtel de Boisgelin, aussi appelé hôtel de la Rochefoucauld-Doudeauville, est un hôtel particulier parisien situé au 47-49 rue de Varenne, dans le 7e arrondissement. Construit en 1732 par l’architecte Jean-Sylvain Cartaud pour Gérard Heusch de Janvry, secrétaire du Roi, il fut édifié sur un terrain loué aux religieux de la Charité via un bail emphytéotique de 45 ans. À l’expiration de ce bail en 1778, l’hôtel changea plusieurs fois de locataires, dont le prince Camille de Lorraine et Marie de Boisgelin, avant d’être acquis en 1782 par son frère, Raymond de Boisgelin, futur cardinal.
En 1792, l’hôtel fut saisi comme bien d’émigré et attribué aux Hospices de Paris, puis vendu en 1807 au comte de Préameneu, rédacteur du Code Civil. Après plusieurs ventes successives, il fut légué en 1840 à Angélique de La Brousse de Verteillac, qui épousa Sosthène de La Rochefoucauld, duc de Doudeauville. Leur beau-fils, le duc de Bisaccia, en devint propriétaire en 1876 et entreprit d’importants travaux de transformation avec l’architecte Henri Parent, ajoutant un escalier en marbre et des décors somptueux, dont des boiseries du château de Bercy.
Depuis 1938, l’hôtel abrite l’ambassade d’Italie, à la suite d’un échange avec le palais Farnèse à Rome. Les décors intérieurs, comme la salle à manger ornée d’éléments vénitiens de Francesco Guardi, furent ajoutés postérieurement. Classé partiellement aux Monuments historiques en 1926, l’hôtel conserve des éléments architecturaux des XVIIIe et XIXe siècles, témoins de son prestige passé.
Les façades sur cour et jardin, l’escalier en marbre, ainsi que plusieurs salons et leur décoration (antichambre, galerie, grand salon) sont protégés depuis 1926. L’escalier, inspiré de Versailles, est notamment orné d’une tenture des Gobelins représentant l’Histoire d’Esther, acquise après le sac du Palais d’Été en Chine. Le grand salon, seul espace à conserver ses boiseries rocaille d’origine, contraste avec les ajouts ultérieurs, comme la chapelle ou le jardin d’hiver aménagés au XIXe siècle.
L’hôtel illustre les mutations d’un patrimoine aristocratique, passant des mains de la noblesse française (Janvry, Boisgelin, La Rochefoucauld) à des institutions publiques, avant de devenir un lieu diplomatique. Son histoire reflète aussi les échanges culturels franco-italiens, avec des décors inspirés du XVIIIe siècle italien, intégrant des œuvres vénitiennes et siciliennes.
La Caisse des dépôts et consignations en fit l’acquisition en 1937, scellant son destin actuel. Aujourd’hui, l’hôtel allie héritage architectural français et influence italienne, symbolisant près de trois siècles d’histoire entre pouvoir, art et diplomatie.
Devenir actuel
Depuis 1938, en vertu d'un échange de baux emphytéotiques qui permet à la France de disposer, pour son ambassade à Rome, du Palais Farnèse, l'hôtel abrite l'ambassade d'Italie.