Frise chronologique
1574
Siège de Fontenay-le-Comte
Siège de Fontenay-le-Comte
1574 (≈ 1574)
Destruction du logis de Boisse, précurseur.
1590–1595
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1590–1595 (≈ 1593)
Pour Jacques Gobin et Jacquette Fourestier.
1621–1627
Résidence du gouverneur
Résidence du gouverneur
1621–1627 (≈ 1624)
La Rochefoucauld y vit avec son fils.
1679
Saisie des biens
Saisie des biens
1679 (≈ 1679)
Conversion en hôpital provisoire.
1684
Transformation en hôpital général
Transformation en hôpital général
1684 (≈ 1684)
Usage médical jusqu’à la Révolution.
1789–1799
Prison révolutionnaire
Prison révolutionnaire
1789–1799 (≈ 1794)
Réaffectation pendant les bouleversements.
1850
Déplacement de la cheminée
Déplacement de la cheminée
1850 (≈ 1850)
Transférée par Octave de Rochebrune.
1980
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
1980 (≈ 1980)
Restauration pour le Trésor public.
24 octobre 1988
Inscription monument historique
Inscription monument historique
24 octobre 1988 (≈ 1988)
Protection des façades et vestiges.
1997
Fouilles archéologiques
Fouilles archéologiques
1997 (≈ 1997)
Dans la cour avant restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades, les toitures, les caves voûtées ainsi que les vestiges de la tour de l'ancienne enceinte de la ville située au sud-est (cad. BE 44, 46) : inscription par arrêté du 24 octobre 1988
Personnages clés
| Jacques Gobin - Commanditaire et premier propriétaire |
Ancien receveur des tailles, constructeur vers 1590. |
| Jacquette Fourestier - Épouse de Jacques Gobin |
Co-propriétaire à l’origine de l’hôtel. |
| Gouverneur de La Rochefoucauld - Résident entre 1621 et 1627 |
Père de François de La Rochefoucauld. |
| François de La Rochefoucauld - Auteur des *Maximes* |
Y passa son enfance. |
| Octave de Rochebrune - Aquafortiste et collectionneur |
Acquiert la cheminée en 1850. |
| Jean-Firmin Levêque - Architecte fontenaisien |
Projet avorté de sous-préfecture en 1834. |
Origine et histoire
L’hôtel de la Sénéchaussée, situé à Fontenay-le-Comte en Vendée, est un hôtel particulier construit entre 1590 et 1595 pour Jacques Gobin, ancien receveur des tailles, et son épouse Jacquette Fourestier. Érigé après la destruction de leur précédent logis lors du siège de 1574, l’édifice combine des façades en pierre de taille et des murs en moellon, avec des toits initialement couverts de tuiles, remplacées plus tard par de l’ardoise. La tour centrale, dite « tour Mélusine », tire son nom d’une gravure représentant la fée, ornant une fenêtre du second étage.
À l’origine conçu comme résidence privée, l’hôtel fut saisi en 1679 et converti en hôpital provisoire, puis en prison pendant la Révolution. Au XIXe siècle, il servit d’entrepôt militaire avant qu’une cheminée ornée de griffons ne soit transférée au château de Terre-Neuve par Octave de Rochebrune. En 1980, la ville de Fontenay-le-Comte acquiert le bâtiment pour y installer le Trésor public après une restauration majeure, incluant des fouilles archéologiques en 1997. Classé monument historique en 1988, il conserve des vestiges médiévaux, comme une tour de l’ancienne enceinte urbaine.
L’histoire de l’hôtel est marquée par des propriétaires illustres, dont le gouveur de La Rochefoucauld (1621–1627), dont le fils François de La Rochefoucauld, auteur des Maximes, y passa son enfance. Bien que surnommé « sénéchaussée » en référence à son usage judiciaire présumé, les archives révèlent qu’il s’agissait d’une demeure privée, liée au fief de Guinefolle sous l’Ancien Régime. Ses transformations successives — hôpital, prison, bâtiment administratif — reflètent les bouleversements politiques et sociaux de la région, de la Renaissance à l’époque contemporaine.
Architecturalement, l’hôtel se distingue par ses deux façades sur cour et ses tours d’escalier en pierre, contrastant avec les parties en moellon. Les modifications des couvertures (tuiles puis ardoises) et la disparition des communs au XXe siècle témoignent de son évolution. Aujourd’hui propriété communale, il abrite des services publics tout en préservant des éléments patrimoniaux, comme les caves voûtées et la tour Mélusine, symbole des légendes poitevines.
Les sources mentionnent également des projets avortés, comme sa conversion en sous-préfecture en 1834 par l’architecte Jean-Firmin Levêque, ou son rôle d’hospice post-révolutionnaire. Les fouilles de 1997 ont permis de mieux comprendre son organisation spatiale d’origine, tandis que son inscription aux monuments historiques en 1988 consacre sa valeur patrimoniale, entre histoire judiciaire, architecture Renaissance et mémoire locale.