Origine et histoire de l'Hôtel de la Société royale
L’Hôtel de la Société royale des Sciences à Montpellier est un quadrilatère à cour centrale, dont la construction s’échelonne entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Les emblèmes scientifiques ornant son portail (livre ouvert, mappemonde, compas, équerre) attestent de son lien avec la Société Royale des Sciences, active entre 1776 et 1796. Le cartouche armorié, ajouté bien plus tard, contraste avec ces éléments d’origine. L’escalier intérieur, à volées droites autour d’un noyau ovale évidé, pourrait dater du XVIIe siècle, tandis que les maçonneries conservent des traces médiévales, comme des arcs noyés au rez-de-chaussée.
Le portail rectangulaire, encadré de pilastres nus surmontés de consoles à feuilles sculptées, mène à une cour irrégulière. L’architrave porte un blason moderne postérieur à 1846, tandis que l’escalier, initialement une tourelle à vis remplacée au XVIIe siècle, se distingue par ses demi-noyaux creux distribuant une lumière naturelle. La rampe en fer forgé, composée de panneaux à volutes et fers ondulés, reflète un savoir-faire artisanal d’époque. Ce bâtiment, à l’origine une demeure médiévale remaniée en 1635 par Simon Levesville pour Pierre de Guilleminet, fut refondu en 1776-1777 par Jean Antoine Giral pour la Société royale des Sciences.
Classé Monument Historique en 1964, l’Hôtel protège spécifiquement son portail (y compris vantaux et marteau en fer forgé) et son escalier. Son plan rectangulaire et sa façade sobre masquent une histoire complexe, mêlant héritage médiéval, transformations Renaissance, et vocation scientifique des Lumières. La précision de sa localisation reste approximative (note : 5/10), mais son adresse officielle, 31 rue de l’Aiguillerie, en fait un repère du patrimoine montpelliérain.
Les éléments architecturaux, comme les arcs rampants des demi-noyaux de l’escalier ou les symboles scientifiques en relief, illustrent l’évolution des usages du bâtiment. De demeure privée à siège d’une société savante, il incarne les mutations culturelles du Languedoc entre Ancien Régime et Révolution. Les vestiges médiévaux, bien que partiels, rappellent son ancrage dans un quartier historique de Montpellier, marqué par l’activité des États du Languedoc.
L’inscription au titre des Monuments Historiques souligne la valeur patrimoniale de ses décors intérieurs et extérieurs, notamment la ferronnerie de la rampe, typique du XVIIIe siècle. Le blason post-1846 témoigne d’une réappropriation ultérieure, tandis que les outils scientifiques sculptés évoquent l’esprit encyclopédique de son âge d’or. Ce monument, à la croisée des époques, offre un exemple rare d’adaptation architecturale au service de la connaissance.