Frise chronologique
vers 1432
Construction de l’évêché
Construction de l’évêché
vers 1432 (≈ 1432)
Ancien palais épiscopal détruit en 1594.
1594
Destruction de l’évêché
Destruction de l’évêché
1594 (≈ 1594)
Pendant les guerres de la Ligue.
1605
Plan de la pompe
Plan de la pompe
1605 (≈ 1605)
Mention du verger du chanoine du Halgouët.
début XVIIe siècle
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
début XVIIe siècle (≈ 1704)
Sur les dépendances de l’évêché.
1791
Procès-verbal révolutionnaire
Procès-verbal révolutionnaire
1791 (≈ 1791)
Dénommée "prébende Laënnec".
1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1795 (≈ 1795)
Acheté par Jean-Marie Le Bouder.
1834
Démolition partielle
Démolition partielle
1834 (≈ 1834)
Moitié est détruite après cette date.
1924
Classement du portail
Classement du portail
1924 (≈ 1924)
Porte de l’ancien évêché protégée.
1961
Vente à la ville
Vente à la ville
1961 (≈ 1961)
Inclut l’hôtel et 12 000 m² de terrain.
1973
Inscription MH
Inscription MH
1973 (≈ 1973)
Façades et toitures protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte de l'ancien évêché : classement par arrêté du 23 décembre 1924 ; Façades et toitures de l'ancien évêché (cad. AB 91) : inscription par arrêté du 22 mars 1973
Personnages clés
| Michel Laënnec de Penticou - Chanoine du chapitre |
Dernier détenteur avant la Révolution (1787-1791). |
| Philippe du Halgouët - Chanoine trésorier |
Commanditaire de l’aile nord au XVIIe siècle. |
| Gustave Le Borgne de La Tour - Comte, député et maire |
Démolit partiellement l’hôtel au XIXe siècle. |
| Jean-Marie Le Bouder - Acquéreur révolutionnaire |
Acheta l’hôtel comme bien national en 1795. |
Origine et histoire
L’Hôtel de la Tour, situé à Tréguier (Bretagne), est un hôtel particulier construit au XVe siècle, partiellement sur les vestiges de l’ancien évêché détruit en 1594 pendant les guerres de la Ligue. Son portail gothique, encadré de pinacles et surmonté d’armoiries bûchées, pourrait provenir de ce manoir épiscopal. La demeure, d’une surface de 580 m2, combine un corps de logis à deux étages et une aile arrière, avec des éléments architecturaux remarquables comme un escalier en vis, des passe-plats entre cuisine et salle haute, et des coussièges dans les fenêtres.
La construction initiale, probablement destinée à des dignitaires du chapitre (comme en témoignent les deux blasons martelés au-dessus du portail), fut agrandie au XVIIe siècle par une aile nord commanditée par le chanoine Philippe du Halgouët. Ce dernier, trésorier et cousin de l’évêque, est associé à des aménagements hydrauliques mentionnés dans un plan de 1605. L’hôtel, vendu comme bien national en 1795 à Jean-Marie Le Bouder, fut ensuite partiellement démoli au XIXe siècle par le comte Gustave Le Borgne de La Tour, qui y construisit des communs pour son propre hôtel.
Le monument conserve des traces de son usage prébendal : il appartenait en 1791 au chanoine Michel Laënnec de Penticou, dernier détenteur avant la Révolution. Son environnement fut profondément modifié au XXe siècle, avec la création de la rue Saint-Tugdual en 1968 et la construction de logements sociaux dans ses anciens jardins. Malgré ces transformations, ses façades et toitures furent inscrites aux Monuments historiques en 1973, et la porte de l’ancien évêché classée dès 1924.
Architecturalement, l’hôtel allie confort et symbolisme : la salle haute, desservie par des passe-plats depuis la cuisine, disposait de coussièges offrant une vue sur le Guindy, tandis que des blasons (dont celui identifié de la famille de Guermeur) ornent les espaces. La cheminée monumentale du rez-de-chaussée, les placards muraux et les ouvertures de tir dans la tour d’escalier révèlent une conception à la fois défensive et résidentielle. Son emplacement, à l’entrée occidentale de Tréguier, marquait le début de la rue des Perderies menant à la cathédrale Saint-Tugdual.
L’appellation erronée de "Vieil évêché" provient probablement de la réutilisation du portail gothique de l’ancien palais épiscopal. Les sources mentionnent aussi des parcelles adjacentes, dont un verger et des murs d’enceinte, aujourd’hui disparus. La vente des biens de la famille La Tour à la ville en 1961 inclut l’hôtel ainsi que 12 000 m2 de terrain, scellant son destin patrimonial malgré les aménagements modernes qui ont altéré son cadre d’origine.