Origine et histoire de l'Hôtel de Lavallière
L’hôtel de Vareilles, aussi appelé hôtel de Lavallière, est un hôtel particulier situé à Blois, dans le département du Loir-et-Cher. Construit au début du XVIe siècle, il incarne l’évolution architecturale du règne de Louis XII (1498–1515), période durant laquelle de nombreuses demeures médiévales de la ville furent rénovées ou reconstruites. L’édifice mêle des éléments gothiques traditionnels, comme les voûtes d’ogives et les garde-corps des galeries, à des influences italianisantes émergentes, visibles dans les pilastres ou les arabesques. Ces caractéristiques reflètent les échanges culturels de l’époque, tout en témoignant de la persistance des styles médiévaux.
L’hôtel conserve des vestiges d’une construction médiévale du XIIIe siècle, notamment une cave voûtée, mais sa structure actuelle date principalement de la transition entre les XVe et XVIe siècles. Organisé autour d’une cour centrale, il comprend trois corps de bâtiments quasi indépendants, reliés par une tourelle d’escalier en vis et une galerie couverte. La décoration intérieure et extérieure est riche, avec des symboles comme les lettres « L » et « A » (pour Louis XII et Anne de Bretagne), des hermines, ainsi que des sculptures représentant des figures humaines, animales et des motifs végétaux. Ces éléments ornent notamment la porte d’entrée et les culs-de-lampe de l’escalier.
Classé et inscrit aux monuments historiques (1928 pour les vestiges, 1963 pour les façades et toitures), l’hôtel de Vareilles reste une propriété privée. Son histoire ultérieure inclut des aménagements intérieurs au XVIIIe siècle (boiseries, cheminées) et une association, au XVIIe siècle, à Marie-Anne de Bourbon, dite Mademoiselle de Blois, fille légitimée de Louis XIV et de Louise de La Vallière. Bien que son nom évoque cette dernière, aucune preuve directe ne confirme qu’elle en fut propriétaire, bien que la tradition locale l’évoque.
L’édifice se distingue par son escalier hors-œuvre en maçonnerie, ses galeries à voûtes d’ogives, et son répertoire iconographique varié, alliant motifs religieux, mythologiques et décoratifs. La porte sur cour, surmontée d’une accolade à feuillages et flanquée de pilastres, illustre cette fusion des styles. Malgré son statut protégé, l’hôtel n’est pas ouvert à la visite, préservant ainsi son intégrité tout en respectant la vie privée de ses propriétaires actuels.