Frise chronologique
1753
Construction du logis sur rue
Construction du logis sur rue
1753 (≈ 1753)
Par Jean-Charles Colombot pour M. Varin.
14 septembre 1776
Vente à Jeanne-Marguerite de Ligniville
Vente à Jeanne-Marguerite de Ligniville
14 septembre 1776 (≈ 1776)
Acquisition par la comtesse de la Baume Montrevel.
1774-1781
Extension entre cour et jardin
Extension entre cour et jardin
1774-1781 (≈ 1778)
Pour la princesse de Ligniville par Claude-Antoine Colombot.
28 février 1984
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
28 février 1984 (≈ 1984)
Protection des façades, escalier et salons décorés.
1992-1993
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1992-1993 (≈ 1993)
Découverte de décors en tôle martelée.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rue, sur cour et sur jardin ; le hall d'entrée ; l'escalier avec sa cage et sa rampe en fer forgé ; et les pièces suivantes avec leur décor à l'étage : la salle à manger, le grand salon, le petit salon (chambre numéro 3 du plan) , la chambre numéro 1 du plan, le boudoir (cad. AN 7) : classement par arrêté du 28 février 1984
Personnages clés
| Jean-Charles Colombot - Architecte |
Conçoit le logis initial en 1753. |
| M. Varin - Commanditaire initial |
Conseiller au parlement de Besançon. |
| Jeanne-Marguerite de Ligniville - Princesse et comtesse |
Fait construire l’extension entre 1774 et 1781. |
| Claude-Antoine Colombot - Maître d’œuvre |
Réalise l’hôtel entre cour et jardin. |
| Luc Breton - Sculpteur attribué |
Auteur présumé des statues d’Hercule. |
Origine et histoire
L’hôtel de Ligniville est un hôtel particulier emblématique de Besançon, construit en deux phases distinctes au XVIIIe siècle. En 1753, l’architecte bisontin Jean-Charles Colombot érige le corps de logis donnant sur la Grande Rue pour M. Varin, conseiller au parlement de Besançon. Ce premier bâtiment, sobre et fonctionnel, marque le début d’une résidence destinées à l’élite locale, reflétant le prestige des charges parlementaires sous l’Ancien Régime.
Entre 1774 et 1781, la princesse Jeanne-Marguerite de Ligniville, comtesse de la Baume Montrevel, acquiert le domaine et confie à Claude-Antoine Colombot — fils ou parent de Jean-Charles — l’extension de l’hôtel entre cour et jardin. Ce second chantier transforme radicalement la propriété, ajoutant un escalier monumental surmonté d’une fausse coupole, des salons richement décorés, et un jardin d’agrément. Les façades, ornées de frises en bas-relief, et les intérieurs (classés en 1984) illustrent le faste de l’aristocratie bisontine à la veille de la Révolution.
L’édifice, en forme de « U », organise ses espaces autour d’une cour intérieure et d’un jardin partiellement préservé malgré des réductions ultérieures (1865, 1885-1909). Le grand salon du premier étage, avec ses boiseries et ses décors d’origine, ainsi que deux statues d’Hercule attribuées à Luc Breton, évoquent les armoiries des Ligniville. Les écuries et une « fabrique de jardin » — disparues au XIXe siècle lors de l’aménagement de la place du Théâtre — complétaient autrefois ce domaine, symbole du pouvoir et du goût artistique de ses commanditaires.
Classé Monument Historique en 1984, l’hôtel protège ses façades, toitures, l’escalier d’honneur en ferronnerie, et cinq pièces avec leur décor (salle à manger, grand salon, boudoir, etc.). Les travaux de restauration des années 1990 ont révélé des éléments décoratifs en tôle martelée, datant probablement de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle. Ces découvertes soulignent la volonté de préserver un patrimoine où se mêlent innovation architecturale et héritage nobiliaire.
Au-delà de son architecture, l’hôtel de Ligniville incarne les mutations sociales de Besançon au siècle des Lumières : passage d’une bourgeoisie parlementaire à une aristocratie terrienne, et intégration des influences artistiques parisiennes dans une ville alors capitale régionale. Son histoire reflète aussi les transformations urbaines, avec la disparition progressive de ses dépendances au profit d’espaces publics, comme la place du Théâtre.