Frise chronologique
1687
Fin des travaux initiaux
Fin des travaux initiaux
1687 (≈ 1687)
Construction achevée pour Raymond Le Doulx.
1780
Achat par de Gouvello
Achat par de Gouvello
1780 (≈ 1780)
Transformations architecturales majeures.
1795
Siège de la commission militaire
Siège de la commission militaire
1795 (≈ 1795)
Jugement des prisonniers de Quiberon.
1820
Acquisition par les Limur
Acquisition par les Limur
1820 (≈ 1820)
L’hôtel prend son nom actuel.
9 septembre 1993
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 septembre 1993 (≈ 1993)
Protection officielle de l’édifice.
2022
Ouverture du CIAP
Ouverture du CIAP
2022 (≈ 2022)
Centre d’interprétation du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel, y compris le petit hôtel, les jardins, les terrasses et l'escalier extérieur du XIXe siècle en fer à cheval (à l'exclusion de l'orangerie moderne) (cad. BP 474, 475, 378, 379) : classement par arrêté du 9 septembre 1993
Personnages clés
| Raymond Le Doulx - Chanoine et commanditaire |
Initiateur de la construction en 1687. |
| Marie-Joseph-Armand de Gouvello - Propriétaire et rénovateur |
Agrandit baies et ajoute balcons (1780). |
| Charles de Limur - Propriétaire éponyme |
Donne son nom à l’hôtel (XIXe). |
| Brunet-Debaines - Architecte |
Auteur de l’escalier en fer à cheval. |
| François Mahé de Villeneuve - Maire et propriétaire |
Acquiert l’hôtel en 1797. |
Origine et histoire
L’hôtel de Limur, aussi appelé hôtel des douves, est un hôtel particulier construit à la fin du XVIIe siècle pour Raymond Le Doulx, chanoine de la cathédrale de Vannes. Situé rue Thiers, il se distingue par son architecture entre cour et jardin, avec un corps de logis principal, une aile en retour et un escalier monumental. Sa façade est ornée de bandeaux de pierre blanche, de lucarnes à frontons et de mascarons, reflétant le style classique de l’époque.
À la mort de Raymond Le Doulx en 1693, l’hôtel passe à son neveu, l’abbé Verdoyev, puis à M. Blévin de Penhoët en 1748. En 1780, Marie-Joseph-Armand de Gouvello, seigneur de Keriaval, l’achète et y effectue des travaux d’embellissement, comme l’agrandissement des baies et l’ajout de balcons. L’hôtel, saisi pendant la Révolution, devient un lieu de jugement pour les prisonniers de Quiberon en 1795 avant d’être acquis par le maire François Mahé de Villeneuve en 1797.
En 1820, après la banqueroute de Joseph-François Danet (propriétaire depuis 1811), l’hôtel est racheté par la famille de Limur, qui lui donne son nom actuel. La famille le conserve jusqu’en 1947, date à laquelle il est cédé à la municipalité de Vannes. De 1955 à 1968, il abrite le musée des beaux-arts, puis, après des changements de propriété entre la ville et l’État, il est classé monument historique en 1993. Depuis 2022, il accueille le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (CIAP), offrant une lecture de l’évolution urbaine et architecturale de Vannes.
L’hôtel se compose d’un logis principal en pierre et moellons, d’une toiture à croupes, et d’un escalier en fer à cheval ajouté au XIXe siècle, provenant de l’ancien Hôtel de Ville. Deux pièces intérieures conservent encore leur décor d’origine, tandis que les modifications des XIXe et XXe siècles (surélévation des écuries en 1912, garage en 1925) ont altéré partiellement son aspect initial. L’édifice illustre l’adaptation des hôtels particuliers bretons aux besoins successifs de leurs propriétaires, des clergés aux familles nobles, puis aux institutions publiques.
Le nom « Limur » ne vient pas de son commanditaire initial, mais de Charles de Limur, propriétaire au XIXe siècle. Les archives mentionnent Raymond Le Doulx comme initiateur de la construction, achevée vers 1687, sur des terrains acquis dès 1666. L’architecte reste inconnu, mais les transformations ultérieures, comme l’escalier de Brunet-Debaines, témoignent des évolutions stylistiques et fonctionnelles de l’édifice au fil des siècles.