Origine et histoire
L’hôtel de Custine, plus connu sous le nom d’hôtel de Ludres, est un hôtel particulier édifié au début du XVIIIe siècle (entre 1713 et 1715) à Nancy, place des Dames (actuelle place du Colonel-Fabien). Il fut conçu par l’architecte Germain Boffrand, premier architecte du duc Léopold Ier de Lorraine, pour Christophe de Custine (1661-1755), colonel des gardes du duc, conseiller d’État, puis gouverneur de Nancy (1729-1737) et grand bailli (1738-1752). L’hôtel, de style classique lorrain, se distingue par sa cour fermée et ses décors intérieurs partiellement conservés, bien que remaniés au XIXe siècle.
L’hôtel change de mains en 1793, vendu comme bien national après la Révolution. Il est racheté en 1794 par Elzéar de Coriolis, père du physicien Gaspard-Gustave de Coriolis, qui y installe une manufacture de papiers peints initialement située cours Léopold. Cette activité cesse en 1812 à la mort de Coriolis. En 1835, le bâtiment est acquis par le receveur du département de la Meurthe, qui y établit la Recette principale. Depuis 1962, l’État en est propriétaire, et l’immeuble abrite des services fiscaux, comme la trésorerie municipale.
Classé monument historique en 1944 pour ses façades et toitures, l’hôtel fait aussi partie du secteur sauvegardé de Nancy depuis 1996. Son plan en U, avec un corps de bâtiment curviligne en fond de cour, rappelle celui d’autres hôtels nancéiens conçus par Boffrand, comme les hôtels de Ferraris et de Fontenoy. Les communs et les ailes latérales ont été modifiés au XIXe siècle, notamment pour relier directement les bâtiments. Malgré ces transformations, l’hôtel conserve des éléments architecturaux remarquables, comme la porte cochère ornée de pilastres et de chapiteaux composites à décor guerrier.
L’hôtel a également une histoire symbolique liée à ses propriétaires successifs. Après Christophe de Custine, il doit son nom actuel à Charles-Louis de Ludres, qui en fut propriétaire jusqu’en 1793. Les armoiries originales, encadrées de sauvages et d’un décor de résille, ont disparu au XIXe siècle, remplacées par une baie supplémentaire. Les décors intérieurs de l’étage noble, refaits vers 1850, s’inspirent de ceux de l’hôtel de Fontenoy, autre réalisation de Boffrand. Vendu à un propriétaire privé en 2011, l’hôtel devrait faire l’objet d’une réhabilitation prochaine.