Frise chronologique
XVIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XVIIe siècle (≈ 1750)
Édification de l’hôtel particulier originel.
1905
Rachat par Gaston de Luppé
Rachat par Gaston de Luppé
1905 (≈ 1905)
Début de la restauration néo-florentine.
1908–1927
Travaux de rénovation
Travaux de rénovation
1908–1927 (≈ 1918)
Reconstruction par Jean-Amédée Gibert.
2019
Protection au titre des Monuments Historiques
Protection au titre des Monuments Historiques
2019 (≈ 2019)
Inscription des parties en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les parties suivantes de l'ensemble formé par l'hôtel de Luppé et ses dépendances, en totalité, telles que délimitées sur le plan annexé à l'arrêté : l'hôtel particulier, y compris ses décors peints de la salle à manger, sa chapelle, sa cour intérieure, son portail et sa clôture rue Diderot, son portail et l'emmarchement d'accès rond-point des arènes, situé 4 rue Diderot et 24 bis rond-point des Arènes, le jardin d'agrément, y compris son portail d'entrée impasse des Arènes, l'atelier situé rue des Arènes, l'atelier de Gaston de Luppé et les différents étages de sa dépendance situés 5 rue de la Bastille (cad. AE 95, 475, 486, 488, 489, 490, 491, 492, 493, 494) : inscription par arrêté du 30 juillet 2019
Personnages clés
| Gaston de Luppé (1872–1939) - Sculpteur et propriétaire |
Commanditaire de la restauration néo-florentine. |
| Jean-Amédée Gibert (1869–1952) - Architecte et peintre |
Auteur des plans et décors intérieurs. |
| Cyrille Rougier - Ferronnier d’art |
Réalisateur des grilles d’entrée ornées. |
Origine et histoire
L’Hôtel de Luppé, situé au 26 rond-point des Arènes à Arles, est un hôtel particulier édifié au XVIIe siècle. Il a successivement appartenu aux familles Romieu, Cornillon de Lédenon, au général de Miollis et au vicomte de Bouillé. Transformé en usine de torréfaction de chicorée, il fut inoccupé avant d’être racheté en 1905 par le sculpteur Gaston de Luppé (1872–1939), qui entreprit une restauration majeure entre 1908 et 1927, confiant les plans à Jean-Amédée Gibert, prix de Rome de peinture en 1898. Ce dernier, inspiré par la Renaissance italienne et leur séjour commun à la villa Médicis, redessina le bâtiment dans un style néo-florentin, ajoutant une loggia ornée de la devise « Deo duce ferro comte » et des décors intérieurs en trompe-l’œil, dont des dessins préparatoires sont conservés au musée Grobet-Labadié à Marseille.
La façade, seule partie préservée de l’époque ancienne, contraste avec les aménagements intérieurs, comme l’oratoire en marbre abritant une statue de la bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé, parente des Caumont La Force. Les cours intérieures, inspirées du style pompéien, comportent des jardins en terrasses, tandis que les grilles d’entrée, dessinées par Gibert et réalisées par le ferronnier Cyrille Rougier, arbore les armes des familles Luppé (« d'azur à trois bandes d'or ») et Caumont La Force (« d'azur à trois léopards d'or »), ainsi que la devise « E lupis Vasconiae » (Des loups de Gascogne). L’hôtel, toujours propriété des descendants de Luppé, abritera pendant 21 ans la Fondation Vincent van Gogh.
Les éléments protégés depuis 2019 incluent l’hôtel en totalité (décors peints, chapelle, cours, portails), ses dépendances (jardin d’agrément, ateliers rue des Arènes et rue de la Bastille), et ses clôtures. Le projet reflète la collaboration artistique entre Luppé et Gibert, prolongée par la création du monument aux morts d’Arles. Les archives du musée Grobet-Labadié conservent, outre les croquis des décors, les plans de la grille et des aménagements intérieurs, témoignages de cette rénovation ambitieuse mêlant patrimoine historique et réinterprétation néo-classique.