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Hôtel de Luynes à Nantes en Loire-Atlantique

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel de Luynes à Nantes

    1 Rue Du Guesclin
    44000 Nantes
Propriété d'une société privée ; propriété privée
Crédit photo : Jibi44 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1733
Lotissement de l'île Feydeau
1770-1775
Construction de l'hôtel
1787
Vente à Jogues de Guédreville
1808
Aménagements style Empire
1943
Classement monument historique
années 1970
Reconstruction des façades
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures, l'appartement du second étage occupé par la chambre des Notaires, l'escalier et la rampe en fer forgé : classement par arrêté du 9 juin 1943

Personnages clés

Augustin de Luynes - Armateur et négrier anobli Commanditaire de la construction entre 1770-1775.
Pierre-Athanase-Augustin Jogues de Guédreville - Négociant nantais Acquéreur de l'hôtel en 1787.
François-Marie-Bonaventure du Fou - Maire de Nantes (1812-1815) Fait aménager le décor Empire en 1808.
Jean-Baptiste Ceineray - Architecte municipal Influence néo-classique sur la façade.

Origine et histoire

L’hôtel de Luynes est un hôtel particulier édifié entre 1770 et 1775 sur l’île Feydeau à Nantes, dans le cadre du lotissement de ce quartier emblématique du commerce maritime. Commandé par Augustin de Luynes, armateur et négrier anobli, il incarne l’opulence des négociants nantais du XVIIIe siècle. Sa façade ouest, au no 1 de la rue Du Guesclin, et ses élévations sur les rues Kervégan et Duguay-Trouin reflètent une architecture tardive inspirée des modèles locaux, comme l’hôtel Grou, mais avec une desserte unique par un escalier sur voûte, soulignant son usage résidentiel exclusif.

Le bâtiment mêle influences néo-classiques, portées par l’architecte municipal Jean-Baptiste Ceineray, et structures pyramidales typiques de l’île Feydeau, comme en témoignent ses balcons sur trompe. En 1787, il est vendu à Pierre-Athanase-Augustin Jogues de Guédreville, puis modifié en 1808 par son gendre, François-Marie-Bonaventure du Fou (futur maire de Nantes), qui y ajoute un décor Empire pour accueillir Napoléon Ier – un projet qui n’aboutira pas. Les bombardements de 1943 endommagent gravement l’hôtel, entraînant une reconstruction controversée dans les années 1970, où le tuffeau est remplacé par de la pierre des Charentes.

Classé monument historique en 1943, l’hôtel de Luynes conserve des éléments remarquables : ses façades, son escalier en fer forgé, et l’appartement du second étage, rare exemple de style Empire à Nantes. Ce décor, proche de celui de l’ancienne chambre de commerce (détruite pendant la guerre), rappelle le rôle central de Bonaventure du Fou, alors président de cette institution. Malgré un arrêté de démolition en 1968, les façades sont restaurées à l’identique, préservant ainsi un témoignage clé du patrimoine négrier et architectural nantais.

Les sources soulignent aussi son lien avec la traite négrière, Augustin de Luynes étant un acteur majeur de ce commerce. Le bâtiment illustre ainsi les paradoxes de l’âge d’or nantais : prospérité économique fondée sur l’esclavage, et raffinement artistique inspiré des Lumières. Aujourd’hui propriété privée, il reste un symbole des dynamiques urbaines et sociales qui ont façonné Nantes au XVIIIe siècle.

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