Origine et histoire de l'Hôtel de Maliverny
L’hôtel de Maliverny, construit au XVIIe siècle dans le quartier Villeneuve d’Aix-en-Provence, fut initialement édifié pour la famille Antelmy de la Cépède. Vers 1650, il fut acquis par les Maliverny, originaires de Cotignac, qui l’embellirent successivement : Nicolas de Maliverny (conseiller à la Cour des comptes en 1655) rénova les pièces d’apparat, tandis que son fils Jean-Baptiste, conseiller en 1690, acheva les travaux. L’hôtel reflète l’âge d’or des décors baroques provençaux, avec des plafonds peints et des gypseries remarquables.
Au XVIIIe siècle, l’hôtel fut lié à des figures notables comme Mabile de Maliverny, épouse du marquis de Marignane, et leur fille Émilie de Covet, dont la réputation de « dévergondée » attira l’attention d’Honoré Gabriel Mirabeau. Ce dernier, épris d’Émilie, fréquenta assidûment les lieux avant leur mariage en 1772 (suivi d’un divorce en 1783). L’hôtel devint ainsi un théâtre des intrigues mondaines aixoises, entre héritages aristocratiques et scandales.
Au XIXe et XXe siècles, l’hôtel changea plusieurs fois de mains et d’usage. Vendue en 1822 à Mme Icard, puis léguée à sa nièce Mme Tavernier, la propriété fut finalement acquise en 1919 par Louis Hippolyte Casse, qui détruisit une partie des décors originaux (dont une porte en noyer sculpté) pour des raisons pratiques. L’entrée fut déplacée vers une porte latérale sur la rue Émeric-David, altérant l’accès historique par la cour d’honneur. Aujourd’hui, seul le portail à carrosses (remanié fin XVIIe) et les murs à balustres, inscrits depuis 1971, témoignent de son faste passé.
L’architecture de l’hôtel se distingue par une cour d’honneur en forme d’étrave tronquée, encadrée de murs évasés vers la façade principale, divisée en deux bâtiments « en équerre ». Le premier étage conserve des plafonds peints et des boiseries baroques, illustrant le savoir-faire artistique provençal de l’époque. Le portail, coiffé d’une balustrade en pierre, marque l’entrée monumentale de ce joyau du patrimoine aixois.
Les sources historiques, comme les écrits d’Ambroise Roux-Alphéran (1848), soulignent son rôle dans la vie mondaine aixoise, entre héritages familiaux et transformations urbaines. L’hôtel voisin de Monval, fréquenté par Mirabeau pour observer Émilie, témoigne des liens étroits entre ces résidences aristocratiques et les intrigues de l’époque.