Frise chronologique
Ier siècle av. J.-C.
Premières occupations du site
Premières occupations du site
Ier siècle av. J.-C. (≈ 51 av. J.-C.)
Traces archéologiques de La Tène finale.
1196
Présence des Hospitaliers à Metz
Présence des Hospitaliers à Metz
1196 (≈ 1196)
Bertram de Metz leur cède le fief d’Augny-sous-Grimont.
1er mai 1565
Acquisition par l’ordre de Saint-Jean
Acquisition par l’ordre de Saint-Jean
1er mai 1565 (≈ 1565)
L’Ordre obtient l’hôtel et la chapelle Saint-Genest.
1795
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1795 (≈ 1795)
Acquis par Nicolas Gentil après la Révolution.
1870
Ambulance pendant le siège de Metz
Ambulance pendant le siège de Metz
1870 (≈ 1870)
Utilisé par l’œuvre de l’abbé Risse.
30 octobre 1989
Classement monument historique
Classement monument historique
30 octobre 1989 (≈ 1989)
Inscription à l’inventaire supplémentaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel ; façades arrières donnant sur la rue d'Enfer (cad. 25 279) : inscription par arrêté du 30 octobre 1989
Personnages clés
| Bertram de Metz - Seigneur local |
Cède un fief aux Hospitaliers en 1196. |
| André de Saulcière-Thenance - Chevalier de l’ordre de Saint-Jean |
Obtient l’hôtel en 1565 en dédommagement. |
| Laurent-Charles Maréchal - Vitrier et intellectuel messin |
Organise les *Soirées de l’atelier* dans l’hôtel. |
| Vicomte du Coëtlosquet - Propriétaire au XIXe siècle |
Offre l’hôtel à une œuvre caritative en 1870. |
| Alexandre Chevalier - Propriétaire au XXe siècle |
Ajoute une tourelle en 1914 et un garage. |
Origine et histoire
L’hôtel de Malte est une demeure médiévale située rue des Murs, sur la colline Sainte-Croix à Metz. Propriété de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem de 1565 à la Révolution, il est adjacent à la chapelle Saint-Genest. Son histoire est liée à la prospérité de Metz aux XIIIe et XIVe siècles, période où la bourgeoisie locale érige de nombreux hôtels particuliers, symboles de la richesse de cette république oligarchique.
Le site est occupé depuis l’Antiquité, comme en témoignent des fouilles archéologiques menées en 1987. Quatre périodes d’occupation ont été identifiées, remontant jusqu’à La Tène finale (Ier siècle av. J.-C.), avec des traces romaines des époques augustéenne et tibérienne. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, présents à Metz depuis 1196, s’installent d’abord dans l’hôpital du Petit Saint-Jean avant d’acquérir l’hôtel en 1565, en compensation des destructions liées à la construction de la citadelle de Metz.
L’hôtel est progressivement abandonné par les commandeurs de l’Ordre au XVIIIe siècle, bien qu’il reste occupé par un fermier jusqu’en 1790. Après la Révolution, il devient un bien national et change plusieurs fois de mains : acquis en 1795 par Nicolas Gentil, puis en 1842 par Benoit Arcelin. Il abrite alors l’atelier des vitriers Laurent-Charles Maréchal et Louis-Napoléon Gugnon, lieu de rencontres intellectuelles connues sous le nom des Soirées de l’atelier de Maréchal.
Au XIXe siècle, l’hôtel est vendu au vicomte du Coëtlosquet, qui en fait don à une œuvre caritative fondée par l’abbé Risse. Une ambulance y est installée lors du siège de Metz en 1870. Au XXe siècle, des modifications sont apportées, comme la construction d’une tourelle en 1914 (détruite en 1991) et d’un garage en 1933. Menacé de destruction dans les années 1970, il est finalement restauré et classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1989.
Les fouilles et restaurations ont révélé des éléments remarquables, tels qu’un plafond à la française, une cheminée blasonnée en pierre de taille, une structure à pans de bois du XIVe siècle ornée de peintures murales, et des fenêtres à tympan trilobé. Ces découvertes ont permis de retrouver le cachet historique de l’hôtel, témoignant de son importance patrimoniale.