Frise chronologique
1571
Construction de l’Hôtel
Construction de l’Hôtel
1571 (≈ 1571)
Bâti par Flayelle pour Claude II de Manville.
1631
Démantèlement des fortifications voisines
Démantèlement des fortifications voisines
1631 (≈ 1631)
Accord royal après révoltes protestantes.
1905
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1905 (≈ 1905)
Protection des vestiges et logis.
1960
Don à la commune
Don à la commune
1960 (≈ 1960)
Devenu mairie grâce au prince Bianchi.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes d'un logis portant l'inscription Post tenebras lux 1571, dépendances de l'hôtel (cad. D 82) : classement par arrêté du 25 juillet 1905 ; Hôtel (cad. 1904, 33, 34, 35) : classement par arrêté du 20 décembre 1905
Personnages clés
| Claude II de Manville - Commanditaire et propriétaire |
Capitaine des galères, protestant convaincu. |
| Flayelle - Architecte |
Originaire du Vivarais, constructeur de l’Hôtel. |
| Prince Bianchi de Médicis de Manville - Donateur |
Offrit l’Hôtel à la commune en 1960. |
Origine et histoire
L’Hôtel de Manville, situé dans le village médiéval des Baux-de-Provence, fut édifié en 1571 par l’architecte Flayelle pour Claude II de Manville, membre d’une famille toulousaine influente. Ce capitaine des galères royales, proche des milieux protestants, fit graver sur la façade la devise calviniste « Post tenebras lux » (« Après les ténèbres, la lumière »), symbolisant ses convictions religieuses. L’édifice, de style Renaissance, devint un lieu de pouvoir local avant d’être cédé à la municipalité au XXe siècle.
Au XVIe siècle, Les Baux-de-Provence étaient un foyer du protestantisme en Provence, sous l’égide de la famille Manville. En 1631, les habitants, las des conflits religieux, négocièrent avec la couronne le démantèlement des fortifications du château voisin, perçues comme des repaires de « factieux ». L’Hôtel de Manville, épargné, resta un symbole de l’histoire tumultueuse du village, entre résistance et soumission à l’autorité royale.
Le bâtiment fut offert à la commune en 1960 par le prince Bianchi de Médicis de Manville pour y installer la mairie. Depuis, il abrite également des expositions culturelles, comme celle de 2013 dédiée à la céramique et au verre, mettant en valeur des œuvres d’Alice Colonieu. Son architecture, mêlant éléments défensifs et ornements Renaissance, en fait un témoignage rare de l’histoire protestante en Provence.
La façade de l’Hôtel porte aussi l’inscription « 1571 », rappelant sa construction pendant les guerres de Religion. À proximité, la Porte d’Eyguières et l’Hôpital Quiqueran (XVIe siècle) complètent un ensemble architectural reflétant l’âge d’or des Baux, entre pouvoir seigneurial et bouillonnement religieux. Aujourd’hui, le monument est classé aux Monuments Historiques (arrêtés de 1905).