Frise chronologique
1777-1779
Construction initiale
Construction initiale
1777-1779 (≈ 1778)
Bâti par Jean-Baptiste Le Boursier pour Thiroux de Montsauge.
1788
Achat par le duc de Richelieu
Achat par le duc de Richelieu
1788 (≈ 1788)
Y installe les *Esclaves* de Michel-Ange.
1802
Rachat par Bonaparte
Rachat par Bonaparte
1802 (≈ 1802)
Devenu propriété de l’État.
1809
Réception de Napoléon
Réception de Napoléon
1809 (≈ 1809)
Par l’ambassadeur Marescalchi avant Wagram.
1919
Réouverture des volets
Réouverture des volets
1919 (≈ 1919)
Par le neveu du duc de Massa, 49 ans après.
1928-1929
Déplacement et reconstruction
Déplacement et reconstruction
1928-1929 (≈ 1929)
Transféré pierre par pierre dans le 14e arrondissement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Denis-Philibert Thiroux de Montsauge - Commanditaire initial |
Administrateur des Postes, décédé avant emménagement. |
| Louis Antoine Sophie de Vignerot du Plessis (duc de Richelieu) - Propriétaire en 1788 |
Y place les *Esclaves* de Michel-Ange. |
| Ferdinando Marescalchi - Locataire en 1805 |
Ambassadeur d’Italie, hôte de Napoléon. |
| Théophile Bader - Sauveur en 1927 |
Finance le déplacement avec André Lévy. |
| Édouard Herriot - Ministre de l’Instruction publique |
Organise la reconstruction pour la SGDL. |
| Honoré de Balzac - Inspirateur de la SGDL |
A vécu rue Cassini, près du site actuel. |
Origine et histoire
L’hôtel de Massa, édifié entre 1777 et 1779 par l’architecte Jean-Baptiste Le Boursier, était à l’origine une « folie » néoclassique située sur l’actuelle avenue des Champs-Élysées. Commandé par Denis-Philibert Thiroux de Montsauge, administrateur des Postes et receveur des Finances, il servit de cadre à des fêtes galantes, abritant notamment les amours du duc de Richelieu. Thiroux, décédé en 1787 sans y avoir vécu, en fut peut-être le prête-nom pour un commanditaire anonyme, certains évoquant le comte d’Artois.
L’hôtel changea dix fois de propriétaires en 73 ans. Vendu en 1788 au duc de Richelieu, qui y installa les Esclaves de Michel-Ange (aujourd’hui au Louvre), il fut saisi comme bien d’émigré en 1793. Racheté par Bonaparte en 1802, il fut loué à l’ambassadeur d’Italie, Ferdinando Marescalchi, qui y reçut Napoléon en 1809. Après 1815, il passa entre les mains de la comtesse de Durfort, de la comtesse de Juigné, puis du comte de Flahaut, avant d’être acquis en 1853 par le baron Roger et le duc de Massa, dont le neveu rouvrit les volets en 1919 après 49 ans de fermeture symbolique.
Menacé de démolition en 1927, l’hôtel fut sauvé par Théophile Bader (Galeries Lafayette) et André Lévy, qui financèrent son déplacement pierre par pierre vers le 14e arrondissement, dans un parc détaché de l’Observatoire. Classé Monument historique, il fut reconstruit à l’identique entre 1928 et 1929 pour accueillir la Société des gens de lettres (SGDL), qui y installa un mobilier Art déco classé. Le jardin, contigu à celui de l’Observatoire, et les salons abritent depuis des souvenirs littéraires couvrant 170 ans d’histoire.
Le bâtiment, accessible par le 38 rue du Faubourg-Saint-Jacques, conserve une façade principale néoclassique et un intérieur orné de lambris et parquets d’origine. Son histoire reflète les bouleversements politiques et culturels de Paris, des Lumières à l’entre-deux-guerres, tandis que son mobilier Art déco, commandé aux maîtres des Galeries Lafayette (Dufrêne, Jallot), témoigne de l’artisanat d’exception des années 1920. La SGDL, fondée en 1838 sous l’impulsion de Balzac, y perpétue la mémoire des écrivains français.